Fibromyalgie : les critères diagnostiques

Publié le 22 Octobre 2007 à 2h00 par Dr Philippe Presles
La fibromyalgie est un syndrome reconnu depuis 1980 qui se caractérise essentiellement par une douleur diffuse et une fatigue intense. A cela, de nombreux autres symptômes accentuent encore la souffrance et le handicap quotidien : troubles du sommeil, anxiété, dépression, troubles digestifs, maux de tête, etc. Mais quels sont exactement les critères diagnostiques et sur quoi repose le traitement ?
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La fibromyalgie : un syndrome douloureux et fatigant

La fibromyalgie figure dans la classification internationale des maladies (CIM). Il s'agit toutefois davantage d'un syndrome que d'une maladie, tellement les symptômes sont variés, diffus et difficiles à quantifier. Mais depuis la publication en 1990 des critères de classification par le Collège américain de rhumatologie (figurant dans le rapport d’orientation de la HAS de juillet 2010), les personnes atteintes de fibromyalgie ont pu être clairement identifiées et prises en charge.

La fibromyalgie : des douleurs diffuses

L'existence d'une fibromyalgie est admise lorsqu'il existe conjointement les deux critères suivants :

1) Une douleur diffuse pouvant atteindre toute partie du corps et présente depuis plus de trois mois.

2) Des points douloureux à la pression. Concernant ce dernier critère, 18 points sensibles ont été retenus. Ils sont souvent symétriques et douloureux à la pression. Ils correspondent à des zones d'insertion des tendons de certains muscles. Pour tester la sensibilité de ces différents points, le médecin, ou le rhumatologue, peut tout simplement exercer une pression à l'aide de son doigt. Pour porter le diagnostic, au moins 11 points doivent être sensibles.

Après le diagnostic de fibromyalgie, la prise en charge

La fibromyalgie pourrait être considérée comme un trouble de perception de la douleur, avec une réduction du seuil douloureux et un manque de capacité d'adaptation à la douleur. Mais en l'absence de véritable cause identifiée, le traitement est celui des symptômes. Il est avant tout pluridisciplinaire, associant des approches comportementale et médicamenteuse.

Les thérapies cognitivo-comportementales sont aujourd'hui au centre de la prise en charge. Elles permettent au malade de mieux se connaître, de prendre conscience du contrôle qu'il peut exercer sur ses symptômes douloureux et d'adopter des comportements adéquats afin d'améliorer sa qualité de vie. Des exercices en balnéothérapie ainsi que des programmes de kinésithérapie comprenant des exercices en aérobie et du stretching donnent également des résultats intéressants.

Concernant la pharmacopée, il faut savoir qu'il n'existe à ce jour aucun traitement ayant reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette indication. Les antalgiques sont très utiles. On recourt aussi parfois aux antidépresseurs ou à des anti-convulsivants. Le choix des traitements se fait au cas par cas, selon l'intensité des symptômes et de leur répercussion sur la qualité de vie, tant familiale que professionnelle.

Rappelons que la fibromyalgie est un syndrome fréquent : 2 à 3% de la population souffrent de fibromyalgie, soit quelque 2 millions de Français…

Source : Académie nationale de médecine, rapport janvier 2007 ; Recommandations de l'Eular (European League Against Rheumatism), mars 2007.