Entre 1 et 1,5 million d'asthmatiques s'ignorent !

L'asthme est une maladie de plus en plus courante pouvant être particulièrement grave. Sa fréquence a doublé en 20 ans et elle est responsable de 2.000 décès par an ! Les résultats d'une grande enquête menée auprès de 180.000 personnes confirment la croissance de cette affection, surtout chez les enfants. Deux autres faits préoccupants ont été mis en évidence : les patients ne suivent pas suffisamment bien leur traitement et cette maladie est fortement sous-diagnostiquée avec 1 à 1,5 million de Français qui ne se savent pas atteints d'asthme ! De nouvelles stratégies de prévention et de dépistage doivent être mises en place.
PUB

L'enquête réalisée à la demande de la Fédération Française des sociétés d'Assurances (FFA) est de grande ampleur. Portant sur 56.604 foyers domiciliés en Ile-de-France, elle concerne au total 180.000 personnes. Menée sur une durée de 4 ans, elle s'est déroulée en 3 phases: identification des patients asthmatiques et de leurs symptômes, suivi des patients durant 20 mois, dépistage gratuit chez les non-asthmatiques.

Des résultats préoccupants

On dénombre 6,6% d'asthmatiques, dont 9,8% d'enfants pour 5,9% d'adultes. Les garçons sont les plus atteints avec 12,2%. Au final, les enfants sont beaucoup plus touchés que les adultes, laissant craindre une flambée de la maladie dans un futur proche. L'observance au traitement est fortement insuffisante, avec 30% d'oublis réguliers, 5% de patients hospitalisés en urgence et 28% d'asthme très handicapant. En règle générale, les malades sous-estiment la gravité de leur affection.Plus surprenant encore, lors du dépistage des personnes non-signalées comme asthmatiques, 134 d'entre-elles ont été diagnostiquées, soit 28%, et près du double chez les enfants, soit 47% ! Il existe donc un réel sous-diagnostic de cette pathologie. On estime que 1 à 1,5 million de Français ignorent être atteints d'asthme. Par ailleurs, sur les 2.000 décès annuels liés à cette affection, la moitié ne se savait pas asthmatique ! En dehors des sifflements dans la poitrine et des dyspnées (arrêts respiratoires brefs) qui représentent des symptômes prédictifs, il existe d'autres signes plus banals n'alertant pas, pouvant expliquer un retard de diagnostic.

PUB
PUB

Il reste donc beaucoup à faire afin d'améliorer: la prise de conscience vis-à-vis de l'importance de cette maladie, la prise en charge des patients, le dépistage des asthmatiques qui s'ignorent, l'information et l'éducation des malades. Il est primordial de faire « reculer le nombre totalement inacceptable d'asthmes mortels chez des patients jeunes qui ne devraient plus mourir de cette pathologie en 2001 ... »

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 05 Juin 2001 : 02h00