E171 : le dioxyde de titane reste finalement autorisé comme additif alimentaire

Publié le 11 Janvier 2019 par Laurène Levy, journaliste santé | Mis à jour le 15 Janvier 2019 par Laurène Levy, journaliste santé
Alors que son interdiction a été votée au Parlement, l’additif E171 ou dioxyde de titane reste finalement autorisé. Ce colorant est au cœur d’une controverse en raison de ses potentiels risques sur la santé.
PUB
© Adobe Stock

Il devait figurer dans la liste des additifs alimentaires interdits avant la fin de l’année 2018 après un vote du Parlement. Le dioxyde de titane, ou E171, restera finalement présent dans nos assiettes, faute de validation de l’arrêté ministériel par Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie et des Finances en charge de la consommation était l’invité de l’émission C à vous diffusée sur France 5 le 8 janvier 2019. Il a révélé avoir besoin d’une "évaluation qui soit partagée sur les dangers du dioxyde de titane" avant de pouvoir signer un arrêté.

Le ministre en attente d’une "évaluation plus poussée"

Car pour le moment, deux évaluations portant sur les risques sanitaires liés au dioxyde de titane existent : une première menée par l’Institut Nationale de la Recherche Agronomique (INRA) et une deuxième conduite par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Problème : elles aboutissent à des conclusions différentes. Le ministre de l’Economie a donc demandé à l’Anses d’ "accélérer ses travaux à échéance de six mois maximum" pour disposer d’une "évaluation plus poussée des risques de santé qui sont liés au dioxyde de titane". Et "si cette évaluation conclut qu’il a effectivement un risque sanitaire, je serai le premier à signer l’arrêté" a déclaré Bruno Le Maire. En attendant un éventuel consensus, le ministre estime que "c’est aux industriels de s’abstenir" d’utiliser cet additif, faisant ainsi référence aux différents groupes agro-alimentaires – comme Lutti et Carambar & Cie – ayant individuellement choisi de bannir l’E171 de leur production.

PUB
PUB

Une date butoir en avril 2019 ?

Quelques jours plus tard, le 11 janvier 2018, après avoir reçu plusieurs organisations de défense des consommateurs et/ou de l'environnement, le ministre de l'Economie a finalement revu sa position. Selon le magazine 60 millions de consommateurs, Bruno Le Maire se serait engagé à signer l'arrêté de suspension du E171 le 15 avril 2019. Mais la date d'application effective de cette suspension n'a pas été communiquée.

E171 et risque de cancer… chez les rats

Mais de quel risque sanitaire parle-t-on ? En janvier 2017, l’étude que publiait l'INRA portait sur les effets de l’ingestion de dioxyde de titane… par des rats. Cette recherche concluait que l’absorption de cette additif était "susceptible de favoriser la formation de lésions colorectales précancéreuses". Mais si cette étude permet d’établir un lien entre consommation de cet additif et risque de cancer chez les rongeurs, elle ne permet pas de le généraliser aux humains.

Bonbons, plats préparés et médicaments

L’E171 est utilisé comme colorant dans les industries agro-alimentaires et pharmaceutiques. Et les produits concernés par la présence de cet additif sont nombreux : les bonbons, les chocolats, les gâteaux, les plats préparés mais aussi les chewing-gums et certains médicaments. En mai 2018, la secrétaire d'Etat au développement durable Brune Poirson assurait de son côté vouloir "suspendre avant la fin de l'année l'utilisation de cette substance comme additif alimentaire en France". Elle ajoutait que "la France [avait] d'ores et déjà saisi la Commission européenne afin de demander aussi des mesures à ce niveau, dès lors que le dioxyde de titane est susceptible de constituer un risque sérieux pour la santé humaine".

 

PUB
Contenus sponsorisés

A lire aussi

Le dioxyde de titane sera prochainement interdit dans les bonbons

6 médicaments contiennent des nanoparticules de titane

Additifs alimentaires : les pièges à éviter

Cancer : les aliments ultra-transformés favorisent son émergence

Couches pour bébés : l’Anses alerte sur leurs composants chimiques

Bisphénol A : 80% de notre exposition est alimentaire

Plus d'articles