Traitement des varices : l'alerte de l'ANSM sur les risques cardiovasculaires de la sclérose

Publié par Freya Yophy
le 16/03/2026
varice
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Face à la persistance d'effets indésirables graves comme l'embolie pulmonaire ou l'accident vasculaire cérébral, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) renforce ses recommandations sur l'usage des produits sclérosants pour les varices. Découvrez les nouvelles mesures de sécurité et les précautions indispensables pour les patients avant d'envisager une sclérothérapie.

Traiter les veines dilatées par injection est une pratique courante, mais elle exige une vigilance absolue. 

Depuis 2008, une enquête nationale de pharmacovigilance scrute les effets de ces traitements en France, traquant les complications rares mais sévères. 

Récemment, l'Agence nationale de sécurité du médicament a renouvelé ses mises en garde. Elle rappelle que la sécurité lors d'une sclérothérapie par mousse selon l'ANSM repose sur un encadrement strict et une parfaite connaissance des antécédents du patient. 

En effet, le traitement des varices par sclérose expose à des risques cardiovasculaires qu'il est indispensable d'évaluer minutieusement avant d'entamer la moindre intervention.

Les substances sous étroite surveillance

Les molécules principalement visées par les autorités sanitaires sont le lauromacrogol 400, généralement commercialisé sous le nom d'Aetoxisclérol, et le tétradécyl sulfate de sodium, connu sous l'appellation Fibrovein. 

Ces produits ont pour but de boucher les veines défaillantes afin de rediriger la circulation sanguine vers des vaisseaux sains. Bien que leur efficacité soit reconnue, leur manipulation demande une expertise pointue.

Les données récentes montrent que des accidents graves continuent d'être rapportés. Ces incidents sont fréquemment liés à des mésusages ou au non-respect des contre-indications du Fibrovein dans le traitement des varices

Ce signalement persistant pousse l'agence du médicament à réclamer une harmonisation immédiate des pratiques. L'objectif central est d'imposer des plans de gestion des risques pour tous les dosages, afin de maîtriser l'apparition d'effets secondaires liés à l'Aetoxisclérol en mousse, une formulation particulièrement surveillée en raison de sa propension à migrer rapidement dans la circulation sanguine.

Prévenir les complications cardiaques et cérébrales

Les conséquences d'une utilisation inadéquate peuvent s'avérer dramatiques pour l'organisme. Les rapports de pharmacovigilance décrivent des cas avérés de thromboses veineuses profondes et des épisodes d'embolie pulmonaire survenant après la sclérose d'une varice. Ces manifestations justifient à elles seules un durcissement des conditions d'administration.

Plus inquiétant encore, la menace neurologique pèse lourdement sur une part importante de la population. Environ 25 % des adultes sont porteurs d'un Foramen ovale perméable (FOP), une anomalie cardiaque le plus souvent indétectable et bénigne au quotidien. Cependant, lors de l'injection, cette communication cardiaque résiduelle agit comme une autoroute. 

Elle permet au produit de court-circuiter le filtre pulmonaire pour atteindre directement la circulation cérébrale. Le risque d'AVC lié à ce foramen ovale perméable lors d'une sclérose s'en trouve décuplé. Il est donc impératif de repérer immédiatement des symptômes tels qu'une oppression thoracique, des troubles visuels ou une perte de la parole, lesquels exigent une prise en charge en urgence absolue.

Sécuriser l'injection avec de nouveaux protocoles

Pour endiguer ces accidents systémiques, les nouveaux protocoles de sécurité encadrent strictement le geste technique. Les praticiens ont l'obligation de respecter des volumes d'injection maximaux, limités par exemple à 2 ml de mousse par point d'injection pour certains produits, sans jamais excéder la barre des 10 ml par séance. 

La préparation de cette mousse doit par ailleurs s'effectuer au tout dernier moment, par des professionnels spécifiquement formés à cette méthode délicate.

La période qui suit immédiatement l'intervention revêt également une importance capitale. Le patient a désormais l'obligation de rester allongé durant 5 à 10 minutes consécutives. 

Cette précaution simple mais vitale freine considérablement la migration du produit dans le système veineux. Enfin, le succès de ces mesures repose sur un dépistage rigoureux en amont : le professionnel de santé doit obligatoirement rechercher les facteurs de risque et les éventuels antécédents thromboemboliques avant toute validation du traitement.

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