La dysmorphophobie

Cela fait cinq fois que Magali se fait refaire le nez par un chirurgien, et Nadège ne supporte pas la moindre ride qu'elle traite immédiatement avec du Botox ou des injections de comblement. Elles sont toutes deux dysmorphophobiques…
PUB

Dysmorphophobie : de quoi s'agit-il ? C'est une maladie psychique dans laquelle les personnes atteintes sont occupées de manière totalement démesurée par un défaut physique tout à fait bénin. Il peut s'agir d'une calvitie débutante, d'un nez imparfait, d'une légère cellulite ou de n'importe quelle zone du corps jugée atrocement laide et handicapante, alors que le bon sens n'y voit rien qu'une très légère imperfection, voire une banale normalité.Pour ces personnes, c'est l'enfer, car il s'agit d'une idée obsédante, impossible à repousser. Et même quand un médecin, un proche, leur dit « mais vous êtes parfaitement normal », leur cerveau logique capte le message, mais leur intelligence émotionnelle n'y croit pas. Au mieux, elles sont rassurées quelques instants mais recommencent ensuite à s'angoisser à propos de ce défaut imaginaire. Et c'est la même chose pour une intervention chirurgicale ou n'importe quelle méthode esthétique. Leur angoisse revient très rapidement.

PUB
PUB

Ces personnes imaginent que tout le monde ne voit que leur défaut, qu'on se moque peut-être d'elles, qu'elles sont irregardables, repoussantes, qu'une vie amoureuse leur sera impossible dans de telles conditionsSi jamais la chirurgie esthétique fait un miracle, le résultat n'est cependant pas bon. Soit le dysmorphophobique juge insuffisant ce qu'il voit, soit il reporte son angoisse sur une autre zone de son corps. Car son malaise est une angoisse profonde qui s'exprime par un manque de confiance et d'amour en leur propre corps.

C'est pourquoi, la chirurgie est totalement déconseillée chez les dysmorphophobiques. Le traitement est ailleurs, dans une psychothérapie pour faire diminuer l'anxiété, voire dans un traitement médicamenteux (antidépresseurs inhibiteurs de recapture de la sérotonine, comme par exemple le Prozac, Déroxat, Zoloft ou Floxyfral) qui peut parfois énormément diminuer les symptômes.Il n'est guère utile de chercher non plus à rassurer la personne qui souffre de ce trouble. En effet, elle n'y croit pas, son angoisse vient du fond d'elle-même, et non de cette petite ride ou de ces paupières légèrement tombantes.

Cette maladie touche autant les hommes que les femmes et il semblerait qu'avec le souci actuel de l'apparence, cette maladie soit en augmentation importante. En effet, la beauté devient pour beaucoup non une chance, mais une obligation, un critère indispensable pour réussir sa vie

Publié le 12 Juillet 2005
Auteur(s) : Dr Catherine Solano