Drogues : quand toute une vie se joue au cours de l'adolescence...

L'adolescence est une période critique à bien des égards, notamment en matière de consommation de drogues, licites ou non. Une consommation excessive d'alcool au cours de la vie est généralement très influencée par la consommation au cours de l'adolescence, d'où la nécessité d'une prévention adaptée chez les adolescents à risque.
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En effet, un profil d'adolescent à risque est parfaitement défini en fonction de facteurs psychologiques (agressivité, faible estime de soi), d'antécédents de violences (maltraitance, sévices sexuels), de troubles psychiatriques (anxiété, dépression, syndrome d'hyperactivité avec difficulté de concentration). Mais des facteurs environnementaux peuvent également faire le lit d'une consommation de drogues, tant à l'adolescence qu'à l'âge adulte. Le premier facteur est l'entourage, les amis et la famille, susceptible d'induire un effet d'entraînement et donc d'initiation. Mais bien d'autres facteurs environnementaux sont évoqués : foyer monoparental, faible niveau socio-économique, enfant peu encadré par ses parents…

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Les enfants dont les parents ont un passé (et a fortiori un présent) de consommation de drogues, y compris de consommation abusive d'alcool, sont eux-mêmes à risque. Une telle observation pourrait plaider en faveur d'une prédisposition génétique, non pas à l'expérimentation de drogues (qui concerne la plupart des adolescents actuels) mais à la qualité du vécu de cette expérimentation, qualité dont va dépendre la poursuite ou non de la consommation. Ceci serait particulièrement vrai avec l'alcool (mais également avec la nicotine), les personnes ayant des antécédents familiaux d'alcoolisme étant plus sensibles aux effets stimulants qu'aux effets sédatifs de l'alcool.

Si les facteurs environnementaux sont déterminants dans l'expérimentation de drogues au cours de l'adolescence, les facteurs génétiques et familiaux sont davantage impliqués dans les conséquences de cette expérimentation, autrement dit dans le passage à la chronicité ou non de leur consommation. Une meilleure connaissance de ces facteurs doit permettre de définir des actions préventives globales mais aussi ciblées sur les individus les plus à risque.

 
Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 26 Mars 2003 : 01h00
Source : Deas D. et Thomas S., Comorbid psychiatric factors contributing to adolescent alcohol ant other drug use. Alcohol, Researc & Health, 26 : 116-121, 2002. Newlin D.B. et Thomson J.B., Psychological Bulletin, 108 : 383-402, 1990. McGue M. et coll., American Journal of Medical Genetics, 96 : 671-677, 2000.