Diabète de type 5 : comprendre cette maladie liée à la sous-nutrition

Publié par Freya Yophy
le 06/10/2026
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Le diabète ne concerne pas uniquement les formes de type 1 et de type 2. En 2025, la Fédération internationale du diabète a reconnu le « type 5 », associé à une sous-nutrition chronique. Une avancée importante, même si les critères diagnostiques et les recommandations thérapeutiques restent en développement.

Être très mince ne protège pas du diabète. Depuis plusieurs décennies, les médecins observent, notamment en Asie et en Afrique, des patients jeunes présentant une glycémie élevée, un faible poids et des antécédents de privations alimentaires prolongées.

Leur maladie ne correspond pas toujours aux mécanismes habituellement associés aux diabètes de type 1 et de type 2. Mieux identifier ces situations doit permettre d’éviter des traitements inadaptés et d’améliorer l’accès aux soins.

Une maladie ancienne, une reconnaissance récente

Le diabète associé à la malnutrition n’est pas une découverte de 2025. L’Organisation mondiale de la santé lui avait consacré une catégorie en 1985, avant de la retirer de sa classification en 1999, faute de preuves suffisantes pour caractériser précisément cette forme.

En 2025, une réunion internationale d’experts en Inde a retenu l’appellation « diabète de type 5 ». La Fédération internationale du diabète (FID) a ensuite soutenu cette reconnaissance lors de son congrès mondial à Bangkok et annoncé la création d’un groupe de travail.

Selon la FID, 20 à 25 millions de personnes pourraient être concernées dans le monde. Ce chiffre reste une estimation, et non le résultat d’un recensement exhaustif de patients diagnostiqués.

Le groupe d’experts doit notamment élaborer des critères diagnostiques, des recommandations de traitement et un registre international. La reconnaissance constitue donc un point de départ pour mieux organiser les soins, pas l’aboutissement de toutes les recherches.

Un manque d’insuline plutôt qu’une résistance marquée

L’insuline permet de réguler la quantité de glucose dans le sang. Dans le diabète de type 5, le problème principal semble être une production insuffisante de cette hormone, dans un contexte de sous-nutrition chronique.

Une étude publiée en 2022 dans Diabetes Care, menée notamment par les équipes de Meredith Hawkins et de Nihal Thomas, a étudié des personnes diabétiques ayant un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m². Les chercheurs ont observé une sécrétion d’insuline réduite, mais une meilleure sensibilité à cette hormone que chez les participants présentant un diabète de type 2.

Ces résultats soutiennent l’existence d’un profil métabolique particulier. Ils ne permettent toutefois pas de conclure que toute personne mince atteinte de diabète relève du type 5, ni que tous les mécanismes de la maladie sont désormais expliqués.

La maigreur ne suffit pas à poser le diagnostic

Les personnes concernées présentent souvent un faible poids et une histoire de sous-nutrition prolongée. Les auto-anticorps habituellement recherchés dans le diabète de type 1 sont généralement absents.

Aucun de ces éléments, pris isolément, ne suffit à identifier un diabète de type 5. Un diabète de type 1 peut survenir chez une personne mince, tout comme un diabète de type 2. D’autres maladies du pancréas ou des formes génétiques peuvent également être envisagées.

L’évaluation doit donc tenir compte de l’histoire médicale et nutritionnelle, des analyses biologiques et, si nécessaire, d’examens spécialisés. Les symptômes — soif accrue, urines fréquentes, fatigue ou amaigrissement inexpliqué — ne permettent pas de distinguer les différents types à eux seuls.

Pourquoi le traitement doit être individualisé

Présenter l’insuline comme systématiquement dangereuse serait trompeur. Elle peut être nécessaire, mais sa dose doit correspondre aux besoins réels du patient, avec une surveillance de la glycémie et une attention particulière aux apports alimentaires.

À l’inverse, affirmer que tous les médicaments oraux sont inutiles est également incorrect. La FID évoque notamment la possibilité de recourir à des traitements stimulant la sécrétion d’insuline, selon la situation.

Les recommandations continuent d’évoluer. Il n’existe donc pas de protocole unique à appliquer à toutes les personnes présentant ce profil. Ne réduisez ni n’arrêtez un traitement antidiabétique de votre propre initiative, même si vous vous reconnaissez dans cette description.

Restaurer l’état nutritionnel sans oublier le suivi du diabète

La prise en charge ne repose pas uniquement sur les médicaments. Elle doit aussi aider à corriger la sous-nutrition et à sécuriser l’accès à une alimentation suffisante et régulière.

Les besoins énergétiques, les apports en protéines et les éventuelles carences doivent être évalués individuellement. Un accompagnement médical et nutritionnel est particulièrement important en cas de dénutrition sévère.

L’enjeu dépasse ainsi le choix d’une nouvelle étiquette diagnostique : il s’agit de mieux soigner des personnes dont les besoins ont longtemps été insuffisamment reconnus, sans remplacer les anciennes simplifications par de nouvelles certitudes.

Sources

 
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