Diabète de type 2 : les complications diffèrent-elles entre les hommes et les femmes ?

Publié par Freya Yophy
le 17/09/2026
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Une vaste étude britannique révèle que les hommes et les femmes développent des complications radicalement différentes après un diagnostic de diabète de type 2.

Après un diagnostic de diabète de type 2, les complications ne semblent pas toujours apparaître dans le même ordre chez les hommes et les femmes. Une vaste étude britannique révèle davantage de diagnostics psychologiques chez les femmes, tandis que les atteintes cardiovasculaires et rénales surviennent plus fréquemment et plus tôt chez les hommes.

Près de 29 000 personnes suivies après leur diagnostic

Publiée le 25 août 2026 dans PLOS Medicine, l’étude menée par le Wolfson Institute of Population Health de l’université Queen Mary de Londres repose sur les dossiers médicaux anonymisés de 28 720 adultes britanniques nouvellement diagnostiqués avec un diabète de type 2 entre 2010 et 2020.

Les hommes représentaient 62 % de la cohorte. Leur âge médian au diagnostic s’établissait à 54 ans, contre 56 ans chez les femmes. Pendant un suivi médian de 6,8 années, 39 % des participants sont passés vers au moins un autre état de santé étudié : hypertension, trouble psychologique, maladie cardiovasculaire, insuffisance rénale terminale ou décès.

Cette étude observationnelle décrit des trajectoires statistiques. Elle ne démontre pas que le diabète provoque directement chacune de ces complications et ses résultats ne s’appliquent pas nécessairement à chaque patient.

Cœur et reins chez les hommes, santé mentale chez les femmes

Les différences apparaissent dès les premières années suivant le diagnostic. Les hommes étaient 8,4 % à recevoir un diagnostic cardiovasculaire ou d’insuffisance rénale terminale, contre 5,3 % des femmes. Ces atteintes cardio-rénales survenaient également plus tôt : leur âge médian le plus précoce atteignait 60 ans chez les hommes, contre 66 ans chez les femmes.

Les femmes présentaient une trajectoire différente. Après l’apparition du diabète, 8,1 % d’entre elles ont reçu un diagnostic d’anxiété, de dépression ou de trouble somatoforme, contre 5,3 % des hommes. Les femmes âgées de 16 à 39 ans affichaient la probabilité la plus élevée d’emprunter cette trajectoire psychologique.

Ce résultat doit cependant être interprété avec prudence. Les femmes consultent généralement davantage et peuvent donc recevoir plus fréquemment un diagnostic. À l’inverse, la moindre détection chez les hommes pourrait en partie dissimuler des troubles non exprimés ou non repérés.

L’hypertension représente la complication la plus fréquente

Malgré ces différences, l’hypertension artérielle constituait le premier événement de santé observé dans les deux groupes. Elle concernait 21,1 % des hommes et 20,2 % des femmes après le diagnostic du diabète.

La pression artérielle représente un indicateur particulièrement important chez les personnes diabétiques. Associée à une glycémie durablement élevée, elle accélère l’altération des vaisseaux sanguins et augmente le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral et de dégradation rénale.

Son dépistage régulier doit donc s’intégrer au suivi du diabète, au même titre que le contrôle de l’hémoglobine glyquée, du cholestérol et de la fonction rénale.

La détresse psychologique associée à une mortalité précoce

La trajectoire la plus préoccupante associait le diabète de type 2 à l’apparition ultérieure d’un trouble psychologique. Les hommes concernés mouraient à un âge médian de 61 ans, contre 70 ans chez les femmes ayant suivi la même succession d’événements.

Ces neuf années d’écart ne prouvent pas que le trouble psychologique est directement responsable du décès. L’étude n’a pas analysé séparément les causes de mortalité et ne permet pas d’établir une relation causale. Elle suggère néanmoins que l’association entre diabète et trouble anxieux ou dépressif caractérise une population particulièrement vulnérable.

Dans cette trajectoire précise, les femmes comptabilisaient une médiane de 96 consultations en soins primaires sur dix ans, contre 60 chez les hommes. Elles enregistraient également davantage d’hospitalisations et de prescriptions prolongées. Une moindre sollicitation des soins pourrait donc contribuer au repérage tardif des difficultés psychologiques et physiques chez certains patients masculins.

Vers un suivi plus personnalisé du diabète

Les chercheurs appellent à mieux intégrer la santé mentale dans le suivi courant du diabète, notamment chez les femmes jeunes. L’apparition d’une perte d’intérêt, d’une anxiété persistante, de troubles du sommeil ou d’un épuisement inhabituel doit pouvoir être abordée lors des consultations consacrées à la glycémie.

Chez les hommes, une attention précoce doit être portée à la pression artérielle, au risque cardiovasculaire et aux marqueurs de la fonction rénale. Il importe également de favoriser un recours plus régulier aux soins, sans attendre l’apparition de symptômes sévères.

Ces données ne justifient pas deux médecines entièrement différentes. Elles invitent plutôt à compléter le suivi glycémique par une surveillance globale, tenant compte de l’âge, du sexe, de la santé mentale, des facteurs sociaux et du parcours individuel.

Sources

 
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