Hypertension : pourquoi il faut mesurer sa tension chaque année

Publié par Freya Yophy
le 08/09/2026
Maj
le 10/09/2026
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À partir du 11 septembre 2026, l’Assurance Maladie lance une campagne nationale pour faire de la mesure de la tension un réflexe. Près d’un adulte français sur trois est hypertendu et environ 45 % des personnes concernées ignorent leur état.

L’Assurance Maladie lance le 11 septembre 2026 sa campagne nationale « Votre tension mérite toute votre attention ». Son objectif consiste à populariser un geste simple : faire mesurer régulièrement sa pression artérielle afin de détecter une hypertension avant l’apparition de complications.

Cette maladie chronique évolue généralement sans douleur ni manifestation caractéristique. Elle expose pourtant à des conséquences cardiovasculaires, cérébrales et rénales potentiellement graves.

Près d’un adulte français sur trois concerné

L’hypertension artérielle touche environ 17 millions de personnes en France, soit près d’un adulte sur trois. Seuls 55 % des hypertendus connaissent leur diagnostic, ce qui signifie que près d’une personne concernée sur deux l’ignore encore.[^1]

Son poids sanitaire est considérable. Selon les estimations de Santé publique France portant sur l’année 2021, l’HTA était associée à :

  • plus de 55 000 décès attribuables ;
  • près de 400 000 hospitalisations complètes ;
  • environ 6,2 millions de journées d’hospitalisation, dialyses comprises.

Ces données ne correspondent pas uniquement aux décès mentionnant directement l’hypertension. Elles évaluent la part des maladies cardiovasculaires, neurologiques et rénales imputable à une pression artérielle trop élevée.

Des symptômes qui ne permettent pas de se fier à son ressenti

L’hypertension est souvent qualifiée de maladie silencieuse parce qu’elle ne provoque généralement aucun symptôme spécifique. Des maux de tête, vertiges, palpitations, troubles visuels ou saignements de nez répétés peuvent parfois conduire à une consultation, mais ces manifestations ont de nombreuses autres causes.

Leur absence ne garantit donc pas une tension normale. À l’inverse, leur présence ne suffit pas à poser un diagnostic d’hypertension.

Lorsqu’elle n’est pas contrôlée, la pression exercée sur les artères favorise leur rigidification et leur altération progressive. L’HTA devient alors l’un des principaux facteurs modifiables d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus, d’insuffisance cardiaque et de maladie rénale chronique.

Faire contrôler sa tension au moins une fois par an

L’Assurance Maladie souhaite encourager les adultes, y compris les plus jeunes, à faire mesurer leur tension au moins une fois par an. Ce contrôle peut être réalisé chez le médecin, en pharmacie ou auprès d’un autre professionnel de santé équipé.

Une valeur isolée ne permet pas toujours de conclure. Une pression artérielle supérieure ou égale à 140/90 mmHg au cabinet médical, lorsqu’elle persiste lors de mesures répétées, fait suspecter une hypertension.[^2]

Le diagnostic doit généralement être confirmé en dehors du cabinet afin d’écarter l’effet « blouse blanche », une élévation ponctuelle provoquée par le stress de la consultation. Cette vérification permet aussi de repérer l’hypertension masquée, normale devant le médecin mais élevée dans la vie quotidienne.

Appliquer correctement la règle des trois

La Haute Autorité de santé recommande une automesure à domicile selon la règle des trois :

  • trois mesures successives le matin, avant le petit-déjeuner et les médicaments ;
  • trois mesures le soir, avant le coucher ;
  • pendant trois jours consécutifs.

Les mesures s’effectuent après trois à cinq minutes de repos, en position assise, sans parler, avec les pieds posés au sol et l’avant-bras soutenu. Un appareil validé muni d’un brassard placé autour du bras est préférable à un tensiomètre de poignet.

À domicile, une moyenne supérieure ou égale à 135 mmHg pour la pression systolique ou 85 mmHg pour la pression diastolique correspond au seuil retenu pour suspecter une hypertension. Les résultats doivent être présentés à un professionnel de santé, seul habilité à les interpréter selon l’âge, les antécédents et les autres facteurs de risque.

Les habitudes qui contribuent à faire baisser la tension

Les changements d’hygiène de vie complètent la surveillance et les éventuels traitements :

  • limiter sa consommation à environ 5 grammes de sel par jour ;
  • réduire les charcuteries, plats préparés, sauces et biscuits apéritifs ;
  • manger davantage de légumes, de fruits, de légumineuses et de céréales complètes ;
  • pratiquer environ 30 minutes d’activité physique modérée la plupart des jours ;
  • modérer l’alcool et entreprendre un sevrage tabagique ;
  • agir sur le surpoids lorsqu’il est présent.

Les aliments riches en potassium peuvent participer à l’équilibre tensionnel, mais leur consommation doit être adaptée sur avis médical en présence d’une maladie rénale ou de certains traitements.

Lorsqu’un médicament antihypertenseur est prescrit, il doit être pris régulièrement. Il ne faut jamais l’arrêter ou modifier sa dose sans en parler au médecin, même si les mesures redeviennent normales : cette amélioration peut précisément traduire l’efficacité du traitement.

Sources

Santé publique France – Données sur l’hypertension artérielle

Haute Autorité de santé – Prise en charge de l’hypertension artérielle chez l’adulte

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