Compléments alimentaires : utiles ou dangereux ?
Publié le 13 Octobre 2014 à 9h55 par Dr Philippe Presles

Le marché des compléments alimentaires est en pleine expansion pour dépasser les 1,3 milliard d’euros en 2013. Ce sont en effet plus de 10 millions de Français qui en consomment chaque année, dont 23 % pratiquement tous les jours. Les raisons de cet engouement sont très variées. On veut retrouver la forme, être moins fatigué, moins stressé, stimuler son immunité, avoir de beaux cheveux, de beaux ongles, une belle peau, prévenir diverses maladies, etc. On veut aussi prendre moins de médicaments, ce qui est plutôt une bonne idée tant on en consomme en France.

Une veille plutôt rassurante

Devant ce phénomène qu’elle ne contrôle pas, les autorités françaises ont mis en place une veille spécifique confiée à l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses) : le programme nutrivigilance. Celui-ci a permis de dénombrer depuis sa mise en place, 1500 cas d’effets indésirables qui pourraient être liés à la prise de compléments alimentaires, soit approximativement 350 cas par an. En regardant de plus près les données disponibles, on constate que dans les ¾ des cas, ce sont bien des compléments alimentaires qui sont mis en cause, et que dans le ¼ des cas restants ce sont des aliments enrichis ou destinés à une diététique particulière.

Cette information diffusée par l’Anaes est donc utile, car il est rassurant de constater qu’un usage aussi fréquent des compléments alimentaires ne génère que si peu d’effets secondaires (essentiellement des troubles digestifs ou allergiques). Mais tel qu’elle est présentée et accompagnée d’une mise en garde, elle peut aussi inquiéter. Il faut donc aller plus loin pour comprendre les résultats de cette veille.

Les médicaments sont plus dangereux

En pratique, on constate surtout qu’aucun cas grave n’est déploré et encore moins de décès. Par ailleurs, sur l’ensemble des centres antipoison, ces appels ne représentent environ que 2 contacts sur 1000, ce qui est extrêmement faible. A titre de comparaison, les médicaments représentent à eux seuls un appel sur deux, pour des cas nettement plus graves avec hospitalisations potentielles. Il ne sert donc à rien de faire peur aux gens, même si l’on diffuse des messages de bon sens comme ceux-ci :

  • Les compléments alimentaires sont très rarement nécessaires.
  • Leur consommation ne doit pas se substituer à une alimentation équilibrée et diversifiée.
  • Ils sont à éviter chez les enfants.
  • Il faut toujours demander l’avis de son médecin.

Se méfier des surpromesses

Le plus important reste de se méfier des surpromesses de certains compléments alimentaires et de demander l’avis de son pharmacien ou de son médecin. Mais dès lors qu’un tel produit vous fait du bien et vous satisfait, il n’y a pas de raison d’avoir peur et de s’en priver. Un complément alimentaire vaudra toujours mieux qu’un médicament mal indiqué.

Source : Anses, dossier de presse, « La nutrivigilance, un dispositif au service de la sécurité du consommateur », 8 octobre 2014.

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