Cholestérol, tension, AVC : ce que la nouvelle loi de prévention change

Publié par Freya Yophy
le 28/09/2026
plan coeur
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Un rendez-vous de dépistage après le sixième anniversaire, davantage de prévention au travail et un rôle renforcé pour les professionnels de proximité : la loi du 27 juillet 2026 veut repérer plus tôt les risques cardiovasculaires. Certaines modalités pratiques restent toutefois à préciser.

Une hypertension ou un excès de cholestérol peuvent évoluer longtemps sans provoquer de symptômes. C’est tout l’intérêt des rendez-vous de prévention : identifier les risques avant qu’une complication ne survienne.

La loi du 27 juillet 2026 inscrit désormais une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires dans le Code de la santé publique. Son ambition est de renforcer le dépistage tout en réduisant les inégalités sociales et territoriales d’accès à la prévention.

Pourquoi renforcer la prévention du cœur et des vaisseaux ?

Selon Santé publique France, ces maladies représentent environ 140 000 décès par an et plus d’un million d’hospitalisations. Elles regroupent notamment les infarctus, les AVC et l’insuffisance cardiaque.

Une partie de ce risque peut être réduite. Le tabagisme, l’hypertension, le diabète, l’excès de cholestérol, le surpoids et l’inactivité physique constituent autant de points sur lesquels agir, avec un accompagnement adapté.

Une étude internationale publiée en 2025 a estimé un écart d’espérance de vie de 14,5 ans chez les femmes et de 11,8 ans chez les hommes, entre des personnes présentant à 50 ans cinq facteurs de risque et celles qui n’en présentaient aucun. Ces facteurs comprenaient les anomalies du poids, et non la sédentarité. Il s’agit d’une comparaison statistique, pas d’un nombre d’années que chacun serait assuré de gagner.

Un rendez-vous de dépistage dans l’année suivant les 6 ans

L’une des mesures concerne les enfants. Depuis le 29 juillet 2026, un rendez-vous de dépistage précoce des maladies cardio-neuro-vasculaires, notamment de l’hypercholestérolémie familiale, est prévu dans l’année suivant le sixième anniversaire, auprès d’un médecin spécialement formé.

La réalisation du dépistage, ou son refus par la personne exerçant l’autorité parentale, doit être mentionnée dans le carnet de santé. Ce rendez-vous ne doit pas être confondu avec une campagne de prélèvements sanguins réalisée automatiquement à l’école.

L’hypercholestérolémie familiale concerne environ une personne sur 250. D’origine génétique, elle peut entraîner un taux élevé de cholestérol LDL dès l’enfance, indépendamment d’un éventuel excès alimentaire.

Le bilan lipidique contribue à son identification. Lorsqu’un diagnostic est confirmé, un dépistage des proches peut être proposé : rechercher la maladie chez les parents, les frères et les sœurs permet parfois de découvrir plusieurs personnes concernées dans une même famille.

La mesure de la tension facilitée chez les professionnels de proximité

En France, près de 6 millions de personnes seraient hypertendues sans le savoir. Multiplier les occasions de mesurer la pression artérielle représente donc un enjeu important.

La loi habilite explicitement les pharmaciens d’officine et les masseurs-kinésithérapeutes à effectuer cette mesure dans une démarche de prévention.

Attention toutefois au calendrier : dans une communication du 16 septembre 2026, l’Ordre national des pharmaciens indiquait qu’un décret devait encore préciser le cadre de cette nouvelle mission en officine. Il ne faut donc pas présenter un service identique, déjà organisé et remboursé partout, comme une conséquence automatique de la promulgation.

Davantage de prévention au travail, sans accès de l’employeur aux résultats

Les services de prévention et de santé au travail sont également mobilisés. Le texte prévoit des actions annuelles de sensibilisation aux facteurs de risque et un dépistage proposé lors de la visite médicale de mi-carrière.

Cette démarche ne donne pas à l’employeur accès aux résultats médicaux. La tension, le taux de cholestérol, les diagnostics et le contenu du dossier restent protégés par le secret médical. Le médecin du travail peut communiquer des conclusions relatives au poste ou à son aménagement, sans dévoiler les informations de santé qui les motivent.

La loi prévoit par ailleurs une meilleure prise en compte des facteurs de risque propres aux femmes dans les rendez-vous de prévention.

Du dépistage à un accompagnement durable

Repérer une anomalie n’est qu’une première étape. L’enjeu est ensuite de permettre une évaluation médicale, une prise en charge adaptée et un suivi dans le temps.

Le Gouvernement devra remettre au Parlement un rapport d’évaluation dans les trois ans suivant la promulgation, soit d’ici juillet 2029. Il devra notamment examiner le recours aux dépistages, leurs coûts et leurs effets sur les dépenses de santé. L’efficacité du dispositif dépendra autant de cette continuité des soins que du nombre de bilans réalisés.

Sources

 
 
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