Chlore et asthme, même en piscine découverte !

Les études concordent pour dire que les vapeurs de chlore dégagées dans les piscines augmentent le risque d'asthme. Pour la première fois, une étude démontre que cette relation entre hyperactivité bronchique et chlore s'observe même chez ceux qui fréquentent des piscines découvertes. Solution pour les plus assidus : choisir une piscine utilisant un autre système de désinfection.
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Le chlore augmente le risque d'asthme

Selon une étude réalisée au Pays-Bas auprès de 600 maîtres nageurs exerçant en piscine couverte, cette profession est associée à une augmentation du risque de gênes respiratoires (1). En effet, chez ces personnes exposées toute la journée au chlore, les symptômes respiratoires sont plus sévères et plus fréquents que dans la population générale. Le risque de sinusites, d'enrouements et d'hyperactivité bronchique est accru de 40% chez les maîtres nageurs. Une étude italienne cette fois s'est intéressée à une trentaine de nageurs de compétition âgés en moyenne de 14 ans, tous indemnes d'asthme. Après avoir passé des tests respiratoires, il s'avère que 73% d'entre eux présentaient une sensibilité aux allergènes aériens classiques, soit près de deux fois plus que dans la population générale, et 50% d'entre eux souffraient d'une hyperréactivité bronchique. Or ces deux facteurs sont prédictifs de l'apparition d'un asthme.

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Le chlore est à l'origine de gaz irritants, les chloramines

Selon cette 3e étude présentée lors du 17e congrès de la Société européenne de pneumologie, le risque de présenter un asthme est multiplié par trois chez les enfants et ados qui fréquentent régulièrement les piscines désinfectées au chlore. Et cette conclusion est aussi valable en piscine découverte, alors que jusqu'à présent, on pensait que seules les piscines couvertes pouvaient favoriser l'apparition d'un asthme.

Cette étude a porté sur 850 adolescents âgés en moyenne de 15 ans, fréquentant 3 collèges où les cours de natation avaient lieu en bassin découvert. Deux bassins étaient désinfectés au chlore. Le 3e l'était par un système d'ionisation cuivre-argent et servait de témoin. Connaissant le nombre d'heures passées en piscine, les antécédents d'allergie et d'asthme, le mode de vie, etc., de tous les sujets, les chercheurs en arrivent à la conclusion suivante : les ados qui avaient cumulé plus de 500 heures de piscine découverte, voyaient leur risque d'asthme multiplié par 3, comparativement à ceux qui n'avaient jamais fréquenté un bassin contenant de l'eau chlorée. Le problème est donc bien lié au chlore, mais la responsabilité en revient plus précisément aux gaz irritants qui sont issus du chlore et qui stagnent au-dessus de l'eau, à environ une dizaine de centimètres de la surface, et qui sont à l'origine de l'odeur caractéristique des bassins. En effet lorsque le chlore se trouve en contact des matières azotées, c'est-à-dire avec des sécrétions humaines (sueur, salive, urines), il se produit une réaction chimique dégageant des gaz irritants pour les voies respiratoires, notamment des chloramines.En conclusion, il ne faut pas abandonner la piscine, car la natation est un sport particulièrement bénéfique à la santé. En revanche, choisissez idéalement une piscine utilisant un système d'ionisation cuivre-argent, plutôt que la désinfection au chlore(1) Jacobs J.H. et coll., Eur. Respir. J., 29 (4) : 690-8, 2007.(2) Brusasco V. et Rossi G., Université de Gêne, Italie.(3) 17e congrès de la Société européenne de pneumologie, 15-19 septembre 2007, Stockholm, communication du Pr Nickmilder M., Université de Louvain, Belgique.

Publié le 01 Octobre 2007
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : 17e congrès de la Société européenne de pneumologie, 15-19 septembre 2007, Stockholm.