Cannabis thérapeutique : Agnès Buzyn "ouvre le débat" en France

© Istock

Autoriser le cannabis médical en France, cela "pourrait arriver" un jour. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a ouvert un débat à ce sujet avec différentes institutions nationales.

PUB

Fini le discours ferme et autoritaire. Aux yeux de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, il est nécessaire d'ouvrir le débat sur l'usage thérapeutique du cannabis.

"Il n'y a aucune raison d'exclure, sous prétexte que c'est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes", a-t-elle déclaré ce 24 mai au micro de France Inter.

En Europe, une dizaine de pays ont assoupli la régulation de cette substance psychoactive, l'autorisant à des fins médicales. Mais la France conserve une législation très punitive dans ce domaine.

La culture de plants est passible de 20 ans et prison et 7,5 millions d'euros d'amende tandis que la possession sera bientôt passible d'une "simple" contravention.

PUB
PUB

"Un retard de la France"

Seules quelques molécules dérivées du cannabis ont été autorisées en France. Le Sativex® - contenant THC et cannabidiol – a ainsi reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en 2014.

Deux autres traitements sont autorisés de manière temporaire dans les douleurs neuropathiques réfractaires et dans les épilepsies réfractaires. "C'est peut-être un retard que la France a pris quant à la recherche et au développement du cannabis médical", a concédé la ministre de la Santé.

Afin de faire avancer le débat, Agnès Buzyn a donc saisi différentes institutions chargées d'évaluer les médicaments et leur a demandé un bilan sur "l'état des connaissances sur le sujet".

Car les indications restent à définir, au vu de la littérature publiée sur le sujet. Pour l'heure, le cannabis thérapeutique semble efficace contre les douleurs chroniques, la sclérose en plaques ou encore les nausées provoquées par la chimiothérapie.

Quelle régulation ?

Une autre question devra aussi être résolue : les modalités de vente et de culture du cannabis. Si l'usage thérapeutique est légalisé, "les consommateurs sont considérés comme des patients qui prennent des médicaments pour les soulager", explique le Groupement romand d'études des addictions (GREA).

Mais l'usage récréatif restant interdit, comment organiser la vente ? Cela suppose des lois précises et une régulation du nombre de plants autorisés. "La manière de le prescrire ne peut être copiée sur le modèle des médicaments classiques. Les indications et les dosages ne sont pas encore assez standardisés", souligne Nicolas Authier, psychiatre et professeur à l'Université Clermont-Auvergne.

A l'étranger, les législations imposent une prescription médicale et le port d'un document spécifiant l'indication du cannabis. Certains pays, comme le Canada, organisent également la production, placée sous la tutelle du ministère de la Santé.

PUB
PUB

Contenus sponsorisés