Le cannabis, un impact certain sur les bronches et les poumons

A l'heure où la consommation de cannabis tend à être banalisée, il est urgent de rappeler sa nocivité, généralement bien moins connue que celle du tabac.
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Une Fondation britannique qui mène combat contre les maladies bronchopulmonaires a fait oeuvre utile en publiant cette étude, fort bien documentée. Elle mérite par ailleurs d'être largement diffusée. Ses conclusions tiennent en quelques points-clés :

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  • Le cannabis consommé aujourd'hui a des teneurs en THC (tétrahydrocannabinol) quinze fois supérieures à celles du cannabis des années 60.
  • Les conclusions des études menées dans les années 60 ou 70 sont donc désormais obsolètes.
  • Le fumeur de cannabis « tire » des bouffées plus importantes (+ 66%), qu'il inhale plus profondément (+ 33%) et qu'il retient plus longtemps que le fumeur de tabac.
  • La consommation quotidienne de 3 à 4 cigarettes de cannabis peut, en termes de bronchite chronique et d'altérations du mucus bronchique, être comparée à la consommation de 20 cigarettes par jour.
  • Le cannabis altère les défenses immunitaires qui sont normalement en première ligne dans les voies aériennes pour protéger l'organisme des diverses impuretés, microbiennes ou non, contenues dans l'air inspiré.
  • Un lien entre cannabis et bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est suggéré par de nombreuses études.
  • Les teneurs en substances carcinogènes sont encore plus importantes (+50%) dans la fumée de cannabis comparée à la fumée de feuilles de tabac. Il est donc fort probable que la consommation de cannabis accroît de façon très sensible le risque de cancer bronchopulmonaire. Des travaux sont actuellement en cours pour étudier ce lien.

Notons que si le cannabis a pu être gratifié d'un effet bronchodilatateur immédiat, intéressant notamment chez le patient asthmatique, il est aujourd'hui démontré que le caractère irritant de la fumée de cannabis pour la muqueuse bronchique ôte tout intérêt à cet effet.

Considérant ces différents éléments, il est logique de préconiser de larges campagnes d'information sur la nocivité bronchopulmonaire du cannabis auprès des jeunes. D'autre part, compte tenu de la nocivité accrue du cannabis actuel, à forte teneur en THC, de plus amples travaux de recherche doivent être entrepris, notamment sur les liens entre cannabis et BPCO ainsi qu'entre cannabis et cancer bronchopulmonaire.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 19 Mars 2003 : 01h00
Source : British Lung Foundation. The impact of cannabis smoking on respiratory health. Novembre 2002. http://www.lunguk.org/news/index.html