Cancer du sein : questions de femmes

Publié le 28 Décembre 2003 à 1h00 par Dr Sylvie Coulomb
Quantités d'interrogations se dessinent autour du cancer du sein. Sport, grossesse, contraception, nouveaux traitements, recherche génétique… Il est essentiel d'y répondre.
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Comment gérer sa nouvelle image après le traitement ?

Quel que soit le traitement reçu pour un cancer du sein, l'image corporelle de la femme se trouve bien souvent modifiée. Une période de réadaptation est alors non seulement importante, mais nécessaire. La confrontation avec l'image modifiée du corps est parfois difficile car le sein est symbole de féminité, de sexualité et de maternité. La femme peut redouter les répercussions sur sa vie intime d'une cicatrice ou d'une ablation du sein. L'expérience est évidemment vécue différemment par le conjoint, et la communication est essentielle à maintenir. Le plus souvent, dialogue et tendresse permettent de surmonter les difficultés. Dans tous les cas, il est important de se laisser du temps.

Pourquoi grossit-on après un traitement du cancer du sein ?

Une femme sur deux a un problème de poids après le traitement d'un cancer du sein : on constate en effet une prise moyenne de deux à cinq kilos selon les traitements entrepris. Mais les traitements par chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie ne sont pas forcément en eux-mêmes responsables de cette prise de poids. Les perturbations hormonales liées à la maladie ou les traitements hormonaux ont pu y contribuer. C'est aussi le stress, l'inactivité physique, parfois le grignotage engendrés par la fatigue et l'angoisse qui entraînent une prise de poids, plus que la maladie ou son traitement. Ce problème de poids peut être abordé avec une diététicienne dont les conseils adaptés aideront la femme à perdre quelques kilos. Bien entendu, la pratique d'une activité physique pendant le traitement et après la guérison vont contribuer à prévenir ou à perdre les kilos supperflus.

La pratique d'un sport est-elle possible après l'opération ?

Il est tout à fait possible de pratiquer un sport. En facilitant la reprise des relations avec les autres, il peut aider à se réintégrer dans sa famille, en société, dans la vie professionnelle, à maîtriser son stress... et son poids. Il est néanmoins important de ménager l'épaule et le bras du côté du sein traité. Il faut éviter le plus possible les mouvements brusques, les étirements, les contractions musculaires brutales et les gestes violents. Les mouvements contre résistance (musculation, haltérophilie) sont interdits car ils peuvent favoriser l'apparition d'un lymphœdème (gonflement du bras ou "syndrome du gros bras) chez les patientes ayant subi un curage axillaire (opération consistant à enlever les ganglions sous le bras). Afin de réduire ce risque, les médecins conseillent d'ailleurs souvent la pratique de la natation. La marche, la danse et la gymnastique sont également recommandées.

Quelle que soit l'activité que la femme souhaite entreprendre, l'important est qu'elle fasse ce dont elle a envie. Elle doit adapter son activité à sa forme physique, à ses besoins et à ses désirs. Il ne faut pas hésiter à demander des conseils au médecin ou au kinésithérapeute.

Une grossesse est-elle possible après un traitement contre le cancer du sein ?

En cas de désir d'enfant, il ne faut pas hésiter à en parler à son gynécologue. Une grossesse est envisageable après un cancer du sein, sauf si l'activité des ovaires a été supprimée par une chirurgie ou une radiothérapie. Le médecin en informe alors la patiente au moment de la décision thérapeutique. Le cancer du sein en lui-même n'influence pas le déroulement d'une grossesse. Il n'y a pas spécialement de risque de faire une fausse couche ou d'avoir un enfant anormal. Cependant, il vaut mieux attendre un peu avant de débuter une grossesse. Selon le type de cancer du sein et son stade d'évolution, ce délai peut varier. On sait que le risque de récidive diminue avec le temps : la majorité des récidives surviennent dans les cinq années qui suivent la fin des traitements. Après cinq ans, les rechutes sont possibles mais plus rares. Pour cette raison, le médecin conseille classiquement, selon les situations, d'attendre entre deux et cinq ans avant d'envisager une grossesse.

Une contraception est-elle possible après le traitement ?

Dans tous les cas, une fois les traitements terminés et si la femme n'est pas ménopausée, il est nécessaire d'envisager un moyen de contraception. Le gynécologue proposera d'employer plutôt une contraception par stérilet, préservatif ou tout autre moyen local. Au cas où un autre type de contraception serait souhaité, il faut savoir qu'il est formellement contre-indiqué de prendre n'importe quelle pilule. En effet, pendant et après un traitement du cancer du sein, les pilules à base d'estrogènes sont interdites. De la même façon, le traitement hormonal substitutif de la ménopause ne peut pas être prescrit chez une femme ayant eu un cancer du sein.

Où en est la recherche génétique ?

Deux gènes liés au cancer du sein, BcrA1 et BcrA2, ont récemment été découverts. Cela permet de tester les femmes à risque plus élevé de cancer du sein, comme par exemple celles ayant des membres de la famille touchés par cette maladie. Il faut cependant savoir que ces gènes ne sont en cause que dans 5 à 10% des cancers du sein. Ces récentes découvertes génétiques sont à l'origine des thérapies géniques, actuellement en cours d'expérimentation, c'est-à-dire uniquement prescrites dans le cadre d'essais cliniques.

tre prescrite en dehors d'essais cliniques

Comment participer à l'évaluation d'un nouveau traitement ?

Dans certains cas, le médecin peut proposer à sa patiente de participer à un essai clinique. Un essai thérapeutique est réalisé uniquement si le nouveau traitement (ou nouveau médicament ou nouvelle association de médicaments) peut présenter un avantage par rapport aux traitements habituellement utilisés (meilleures chances de guérison, diminution des rechutes, amélioration de la qualité de vie). Le médecin explique alors les objectifs et les bénéfices attendus de l'étude, le ou les traitements utilisés et leurs effets secondaires éventuels, ainsi que les examens de surveillance à réaliser. Seules les femmes qui le souhaitent participent à un essai thérapeutique. La patiente doit donner son accord par écrit. Elle peut revenir sur sa décision à tout moment et quitter l'étude, sans que cela ait d'incidence sur la relation entretenue avec le médecin ou sur la façon dont elle sera prise en charge.