Cancer du sein : faites-vous dépister!

Publié le 18 Février 2002 à 1h00 par Dr Philippe Presles
Le dépistage systématique du cancer du sein est en train d'être généralisé en France et l'efficacité de cette pratique vient d'être confortée par une récente étude américaine. Pratiqué de façon systématique sur les femmes à plus haut risque (plus de 50 ans ou existence d'antécédents), le dépistage systématique du cancer du sein permettrait une diminution de 55% de la mortalité due à cette maladie chez les femmes de plus de 55 ans. Une condition est requise, la pratique sur le long terme.
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A l'heure actuelle, la mammographie est recommandée tous les deux ans à partir de l'âge de 50 ans en l'absence de facteurs de risque (antécédents pathologiques ou familiaux). Elle permet de dépister les lésions précancéreuses et cancéreuses du sein, même de très petite taille, alors qu'elles ne sont pas encore décelables à la palpation. Elle rend donc possible un dépistage plus précoce et est envisagée comme moyen de dépistage de masse dans la population à risque (femme de plus de 50 ans ou avec antécédents).En 2000 pourtant, une étude danoise avait jeté le doute sur l'efficacité du dépistage de masse du cancer du sein et sa capacité à sauver des vies. Les conclusions de cette étude avaient alors fait l'objet de vives polémiques.

Le dépistage systématique porte ses fruits au-delà de 7 ans

Aujourd'hui, une étude menée par Claudia Henschke et ses collègues au Cornell Médical Center de New York apporte un nouvel éclairage au débat. Pour Claudia Henschke, l'impact d'un dépistage systématique par mammographie est positif en termes de réduction de la mortalité. Cependant, son efficacité n'apparaît que s'il est pratiqué sur un temps suffisamment long, plus de 7 ans. « Le dépistage doit être poursuivi pendant suffisamment longtemps pour pouvoir porter ses fruits », a expliqué la chercheuse.Dans ces conditions, la baisse de mortalité enregistrée grâce au dépistage systématique est substantielle, notamment chez les femmes de plus de 55 ans (-55%). Le bénéfice est moindre chez les femmes plus jeunes entre 45 et 54 ans, -30%, mais tout de même très significatif.

Un dépistage généralisé partout en France d'ici deux ans

La décision de généraliser le dépistage du cancer du sein en France, a déjà été prise, mais les lourdeurs administratives font que certains départements s'y mettent plus vite que d'autres. Celui de Paris, de Seine-et-Marne et des Hauts-de-Seine s'apprêtent à le faire.D'ici deux ans, toutes les femmes de plus de 50 ans devraient pouvoir en bénéficier.

Soyez vigilante

Tant que ce dépistage ne sera pas pratiqué partout en France, les femmes doivent se faire surveiller systématiquement à partir de l'âge de 50 ans et même plus tôt, à partir de 40 ans, s'il existe des antécédents familiaux.Par ailleurs, si la mammographie reste l'outil de référence en matière de dépistage, l'auto-palpation du sein n'en est pas moins importante. Même si elle ne permet pas de repérer les tumeurs de très petite taille, elle peut parfois déceler des tumeurs qui ne l'ont pas été par mammographie. Ainsi, toute apparition de nodules plus dense dans la masse du sein doit constituer un signal d'alarme. Ces nodules seront le plus souvent totalement bénins (kystes, amas graisseux ou fibreux). Mais mieux vaudra le faire vérifier par une mammographie, suivie d'une échographie.