Cancer du poumon : il serait possible de se passer de chimiothérapie

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Jeudi 07 Juin 2018 : 11h57

Face à un cancer du poumon avancé, la chimiothérapie n'est pas forcément le meilleur traitement. Une immunothérapie allonge la durée de survie de manière notable, ont constaté des médecins américains.

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Le cancer du poumon est l'un des plus coriaces à toucher l'être humain. Souvent repérées tard, les tumeurs présentent des profils variés qui rendent la prise en charge difficile. Résultat : l'espérance de vie est assez faible, après le diagnostic.

Mais un traitement innovant pourrait changer la donne, d'après une étude présentée au congrès de la Société américaine d'oncologie clinique (ASCO). Menée aux Etats-Unis, elle porte sur 1 274 personnes atteintes de cancers avancés du poumon.

Une partie de ces volontaires a été traitée par immunothérapie, qui cible un marqueur de la tumeur (PD-L1). Les autres ont reçu le traitement habituel, une chimiothérapie. Chaque groupe a été divisé en fonction du score d'expression de PD-L1. Cette protéine empêche les défenses immunitaires d'attaquer la tumeur.

L'immunothérapie testée ici, le pembrolizumab, semble plus efficace pour améliorer la survie des individus dont le cancer exprime beaucoup la protéine PD-L1 (50 % ou plus). La moitié d'entre eux vivent plus de 20 mois… contre 12.2 mois sous chimiothérapie.

Plus d'impact qu'attendu

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Les résultats sont un peu plus modestes lorsque la protéine est moins présente (20 % ou plus et 1 % ou plus), mais ils restent encourageants. La durée de survie médiane est de 16.7 à 17.7 mois, contre moins de 13 sous chimiothérapie.

Cela constitue une avancée majeure au vu du mauvais pronostic associé au cancer du poumon avancé. D'autant qu'à l'heure actuelle, le pembrolizumab n'est autorisé qu'en traitement des tumeurs exprimant le plus la protéine PD-L1.

"L'immunothérapie, s'appuyant sur le pembrolizumab seul, est bénéfique à une population bien plus large que nous ne le pensions", se félicite dans un communiqué John Heymach, expert auprès de l'ASCO.

Les personnes bénéficiant de cette approche sont aussi moins sujettes aux effets indésirables. 18 % d'entre elles ont déclaré au moins un trouble associé au traitement, contre 41 % dans le groupe sous chimiothérapie.

Mais les scientifiques ne comptent pas s'arrêter là. Les travaux se poursuivent pour comprendre exactement quelles caractéristiques favorisent une bonne réponse à cette immunothérapie..

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