Equilibre alimentaire des seniors

Publié par Paule Neyrat
le 25/02/2002
Maj
le 07/06/2012
Quand on vieillit, ça n'est pas le moment de se laisser aller. Une bonne alimentation et une activité physique et intellectuelle sont les piliers d'une vieillesse réussie.

Équilibre alimentaire et activité sont indispensables pour prévenir ou empêcher de s'aggraver certains processus liés à l'âge tels que l'ostéoporose, l'athérosclérose, certains cancers, et la diminution des défenses immunitaires.

Age et activité

Toutes les études démontrent que l'activité physique et intellectuelle sont absolument primordiales et ralentissent les effets du vieillissement. La preuve en est donnée par un nombre impressionnant de grands seniors qui, de 90 à 100 ans, "ne font pas leur âge". La retraite est donc le bon moment d'entamer une activité sportive régulière si on ne l'avait pas avant et, par tous les moyens possible, de faire marcher sa cervelle.

Age, goût et odorat

On observe, à partir de 65 ans, une diminution fréquente de l'appétit (la satiété s'installe souvent plus rapidement), du goût, du fait de la diminution du nombre de bourgeons gustatifs dans la bouche, et de l'odorat : ces altérations de la perception débutent à 20 ans chez l'homme et seulement à 40/50 ans chez la femme.Ces modifications s'installent lentement et insidieusement au fil de l'âge, et plus facilement chez un senior sédentaire et solitaire. Si l'on vit seul(e), il faut partager le plus de repas possible avec des amis.

Age et dépenses énergétiques

Les dépenses énergétiques diminuent de façon variable selon chacun. Pour tout le monde, c'est moins 2% par décennies de celles du métabolisme de base (ce qui n'est pas terrible). En fait cette diminution dépend surtout de la sédentarité passive (quand la retraite n'est pas active) ou forcée pour cause de rhumatismes, d'arthrose, etc.

Age et métabolisme

Les besoins en protéines ne sont pas vraiment modifiés avec l'âge. Mais celui-ci diminue la faculté de fabriquer les Omega 3 protecteurs des artères. Le vieillissement entraîne facilement une diminution de la sensation de soif et une modification du métabolisme de l'eau perturbé souvent par des médicaments (diurétiques, laxatifs ou sédatifs). D'où le risque d'une déshydratation permanente qui, même légère, entraîne des désagréments : peau sèche, constipation, infections urinaires et même lithiases (calculs).Le vieillissement risque aussi souvent de constiper pour cause de ralentissement du péristaltisme intestinal, de manque d'eau et de fibres (quand on ne mange pas assez de céréales, de légumes et de fruits), et de la diminution de l'activité physique. La sensibilité au sel se modifie avec l'âge mais ça n'est pas une raison pour plonger dans un régime sans sel toujours inappétent. Le vieillissement entraîne une moins bonne utilisation du calcium. Et quand les apports sont insuffisants, faute de produits laitiers, cela ne peut qu'aggraver l'ostéoporose normale due à l'âge et augmenter les risques de fractures. On observe souvent une carence en fer chez les seniors, due le plus souvent à une insuffisance de viande rouge, parfois difficile à mastiquer. Quant à celle en folates, également fréquente, elle peut se manifester par des troubles importants de la mémoire qui risquent de faire croire à une maladie d'Alzheimer.

Age et cholestérol

L'élévation du taux de cholestérol sanguin est tout à fait normale avec l'âge. Plusieurs études ont largement démontré que chez les personnes âgées le risque d'un accident vasculaire était lié à l'âge et non au cholestérol et que le HDL (le bon cholestérol)demeure toujours un facteur protecteur. Les seniors en bonne santé n'ont besoin ni d'un médicament hypocholestérolémiant (d'autant plus qu'ils ont tous des effets secondaires souvent difficiles à supporter), ni d'un régime pauvre en cholestérol, qui aggravera leur manque d'appétit et risque en plus d'installer des carences en protéines, en fer et en calcium.

Age et excès de poids

Les seniors trop gros ont inévitablement déjà fait des régimes pour maigrir, soldés par des échecs ou des récidives. Faut-il vraiment gâcher la dernière partie de sa vie à perdre du poids ? Le problème peut se poser en cas d'intervention chirurgicale, par exemple le remplacement d'une hanche arthrosique car la graisse gêne le travail du chirurgien et de plus fatigue les articulations. Sinon, il n'y a aucune raison qu'un gros senior en bonne santé s'oblige une fois de plus à perdre du poids mettant ainsi en péril sa qualité de vie.