Avoir beaucoup d’enfants ferait vieillir plus vite

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Les femmes qui ont beaucoup d'enfants seraient plus à risque de vieillissement accéléré, d'après une récente étude. Des scientifiques ont observé un impact des grossesses sur une partie de l'ADN.

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Faudrait-il faire peu d'enfants pour vivre plus longtemps ? Une progéniture trop nombreuse est, en tout cas, associée à un vieillissement accéléré, d'après une étude américaine publiée dans Scientific Reports. L'ampleur du phénomène est jugée "surprenante" par les scientifiques qui la signent.

Ces travaux ont été menés sur 920 femmes vivant aux Philippines, plutôt jeunes, et aux profils variés. La plupart n'avaient encore jamais connu de grossesse. Les autres avaient eu jusqu'à quatre enfants.

Toutes ont fourni des échantillons sanguins qui ont permis aux équipes de recherche d'analyser leur génome. Deux informations ont été examinées : la longueur des télomères – ces morceaux d'ADN situés à l'extrémité de chaque chromosome – et l'âge épigénétique.

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Il semble que le nombre de grossesse soit associé à une accélération significative du processus de vieillissement. Pour chaque gestation supplémentaire, il s'accélère de 0,5 à 2 ans, d'après les résultats.

De nombreuses questions en suspens

"Même en prenant en compte d'autres facteurs qui influencent le vieillissement cellulaire, le nombre de grossesses continue d'être un facteur dominant", souligne dans un communiqué Calen Ryan, principal auteur des travaux.

L'étude met tout de même en évidence un paradoxe. Si la grossesse semble accélérer le vieillissement, les cellules semblent plus jeunes au cours de celle-ci... Ces modifications "pourraient être liées à des mécanismes d'adaptation du système immunitaire maternel", avance Christopher Kuzawa, également signataire de la publication.

Parmi les hypothèses de travail, l'abaissement des défenses immunitaires de la mère mais aussi le fort taux d'hormones dans l'organisme. Or, un taux élevé d'œstrogènes est associé à une baisse du stress oxydant.

Les scientifiques reconnaissent toutefois que cette étude soulève de nombreuses questions, notamment sur les conséquences à long-terme de ces changements cellulaires. "Nous ne savons pas encore si ces phénomènes persistent à long terme, ou s'ils ont un impact sur l'état de santé", illustre Christopher Kuzawa. Une étude, qui suivra des femmes pendant 13 ans, est prévue pour répondre à ces interrogations.

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