Les autistes identifient mal les informations orales

Une nouvelle étude apporte des informations intéressantes dans la compréhension de l'autisme. Les patients autistes présenteraient une incapacité à activer l'aire cérébrale impliquée dans la reconnaissance de la voix humaine. Une hypothèse compatible avec le handicap social caractéristique de cette maladie.
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L'autisme se caractérise par des troubles des capacités d'interactions sociales, des problèmes de communication et un champ restreint d'intérêts. D'autres caractéristiques y sont souvent associées, comme l'agressivité, l'automutilation, les comportements stéréotypés et ritualisés.Si les manifestations cliniques sont aujourd'hui bien définies, en revanche, les mécanismes n'ont toujours pas été élucidés.

L'objectif de cette étude était d'analyser la façon dont le cerveau des autistes adultes perçoit la voix humaine par rapport aux autres sons. L'activité cérébrale de cinq patients et de huit volontaires sains a été enregistrée lorsqu'ils étaient soumis à des sons vocaux humains (parole, cri, chant, rire), alternés avec des sons non vocaux (animaux, voitures, instruments de musique). Tandis que chez les sujets témoins ces deux types de son activent différemment certaines aires cérébrales, il n'y a pas de différence chez les autistes. Les voix humaines n'activent pas spécifiquement l'aire de la perception de la voix, comme c'est le cas chez les sujets contrôles. Et à la question « qu'avez-vous entendu durant l'expérience ? », les autistes rapportent 8% de sons humains, contre 51% pour les témoins.

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La voix ne semble donc pas être reconnue par les autistes. Une telle anomalie du traitement des informations orales peut effectivement expliquer les difficultés de communication que rencontrent les autistes. En considérant cette découverte, on pourrait imaginer l'élaboration de stratégies de rééducation visant à activer spécifiquement la voie cérébrale des informations vocales.

 
Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 22 Septembre 2004 : 02h00
Source : Gervais H. et coll., Nature Neuroscience, 7 (8) : 801-802, 2004.