Annoncer à son enfant... l'arrivée du petit dernier

L'arrivée d'un second enfant est toujours perturbante pour l'aîné : les rôles sont redistribués et il lui faut redéfinir sa place au sein de la tribu. Comment dédramatiser la situation ? Les conseils de Stéphane Szerman*, psychothérapeute.
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Quel est cet intrus que je ne saurais voir ?

L'arrivée d'un second enfant est un événement très perturbant pour l'aîné. Une angoisse toute naturelle pour Stéphane Szerman : « On passe de trois à quatre. La relation triangulaire entre l'enfant, son père et sa mère disparaît. L'enfant a alors le sentiment de ne plus être le « centre » de la famille et il est angoissé à l'idée de perdre l'amour de ses parents. Il a l'impression de perdre son titre. » Face à l'arrivée du nouveau-né, l'aîné peut régresser : « c'est un processus très naturel psychologiquement, explique Stéphane Szerman. L'enfant se rend compte en effet que c'est l'état de bébé qui cristalise toutes les attentions, il tente donc d'en redevenir un. » Evidemment, la forme que va prendre cette régression dépend de l'âge de l'aîné. « Vers 2-3 ans, l'enfant va par exemple se remettre à ramper ou cessera momentanément de progresser dans sa façon de s'exprimer, poursuit Stéphane Szerman. A 10 ans, il va plutôt arrêter de travailler à l'école. »

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Dialoguer et dédramatiser

La solution pour surmonter l'événement ? Le dialogue. « Il faut dédramatiser ce qui peut être un fait majeur pour l'aîné », souligne Stéphane Szerman. Et ce, avant l'arrivée du nouveau-né. « Il faut préparer l'aîné à ce qui n'existe pas encore, lui montrer les échographies, au besoin lui faire entendre la respiration de l'enfant dans le ventre de la mère avec un stétoscope. » Avec les tout-petits, les parents devront s'efforcer de passer plus de temps et instituer des moments privilégiés, de façon régulière : « au niveau du langage, les symboles, les métaphores fonctionnent très bien. J'utilise souvent le passage du Petit Prince avec le renard. Cette image leur permet d'apprivoiser leurs sentiments. L'essentiel étant bien de montrer à l'enfant qu'on ne lui enlève pas l'amour qu'on lui portait, mais que cet amour, qui reste inchangé, prend seulement une nouvelle coloration. »

Publié le 07 Mai 2003
Auteur(s) : Psychonet Production