Androcur : ce traitement hormonal présente un risque de tumeurs au cerveau

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L’Agence du médicament durcit les conditions d’utilisation d’Androcur®. Ce traitement hormonal dérivé de la progestérone pourrait en effet multiplier par 20 le risque de développer un méningiome chez les femmes traitées.

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A quels risques le médicament Androcur® expose-t-il ? Dans un point d’information daté du 27 août 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) annonce que les conditions d’utilisation et de prescription de ce traitement doivent être examinées par un comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) créé pour l’occasion. Et pour cause : une nouvelle étude de l’Ansm montre un lien entre la prise d’Androcur® sur une longue période et le développement de méningiome, une forme de tumeur au cerveau.

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Jusqu’à 20 fois plus de risque de méningiome

L’Androcur® est un médicament contenant de l’acétate de cyprotérone, un dérivé de la progestérone, une hormone féminine. Ce traitement hormonal est notamment indiqué chez la femme en cas de "maladies hormonales se manifestant par une augmentation du système pileux (hirsutisme)", rappelle l’Ansm.

Si le risque de méningiome était déjà inscrit dans la notice de l’Androcur® depuis 2011, la nouvelle étude que dévoile l’Ansm appelle à durcir les mises en garde. En effet, selon l’Ansm, "le risque de méningiome est multiplié par sept pour les femmes traitées par de fortes doses sur une longue période (plus de 6 mois) et par 20 après cinq années de traitement". L’Ansm a donc modifié le Résumé des Caractéristiques des Produits (RCP) et la notice de l’Androcur® pour y ajouter les trois points suivants :

  • une contre-indication en cas d’"existence ou antécédents de méningiomes"
  • une mise en garde précisant que "des cas de méningiomes (simples et multiples) ont été rapportés en cas d’utilisation prolongée (plusieurs années) d’Androcur® à des doses de 25 mg et plus par jour. Si un méningiome est diagnostiqué chez un patient traité par Androcur® 50 mg, le traitement devra être arrêté"
  • une mention dans la liste des effets indésirables indiquant que "des cas de méningiomes (simples et multiples) ont été rapportés en cas d’utilisation prolongée (plusieurs années) d’Androcur® à des doses de 25 mg et plus par jour".

Une tumeur aux conséquences neurologiques sévères

Le méningiome est une tumeur du cerveau. Dans 70 à 80% des cas, cette tumeur est bénigne, c’est-à-dire que sa croissance est lente et qu'elle évolue sur plusieurs années. "Cette tumeur se développe sur une enveloppe fibreuse que l’on appelle méninge et qui est située à la face interne de l’os crânien" décrit la Société Française de Neurochirurgie sur son site internet.

Le traitement le plus fréquent est la chirurgie car même lorsque le méningiome est bénin, il peut occasionner de lourdes séquelles : en effet, la compression qu’exerce la tumeur sur les tissus cérébraux peut avoir "des conséquences neurologiques sévères qui pourront conduire au handicap voir même menacer [la] vie [du patient]", précise la société française de neurochirurgie.

Publié par Laurène Levy, journaliste santé le Mercredi 05 Septembre 2018 : 10h50
Source : Androcur (acétate de cyprotérone) et génériques : risque de méningiome lors d’une utilisation prolongée - Point d'information du 27 août 2018. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm). 
Intervention pour exérèse d’un méningiome de la fosse cérébrale postérieure. Fiche d’information de la Société Française de Neurochirurgie. Page consultée le 5 septembre 2018 
Tumeurs au cerveau et à la moelle épinière – Méningiome. Société canadienne du cancer. Page consultée le 5 septembre 2018 

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