Alerte sur le shampoings : 70% de ces produits contiendraient du benzène, une substance cancérogène

Publié par Freya Yophy
le 09/10/2026
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Istock
Pratique pour rafraîchir les cheveux entre deux lavages, le shampoing sec a fait l’objet de rappels après la découverte de benzène dans certains lots. Cette contamination mérite une vigilance réelle, sans confondre le danger de la substance avec le risque lié à chaque utilisation.

uelques pulvérisations sur les racines, un coup de brosse et les cheveux paraissent moins gras. Ce geste courant a pourtant suscité des inquiétudes après la détection de benzène dans plusieurs références de shampoings secs commercialisées en Amérique du Nord.

Comme pour les autres questions de sécurité concernant les cosmétiques, il faut regarder précisément les produits, les lots et les conditions d’exposition concernés.

Ce que les analyses ont réellement montré

En novembre 2022, le laboratoire indépendant américain Valisure a publié les résultats de tests portant sur 148 lots de shampoings secs de 34 marques. Du benzène était quantifiable dans environ 70 % des échantillons étudiés.

Ce résultat ne signifie pas que 70 % des shampoings secs vendus aujourd’hui en France sont contaminés. Il concerne une sélection de produits analysés à une période donnée, avec des différences importantes entre les lots.

Le chiffre de 340 parties par million, également très relayé, correspondait à une estimation de la concentration dans le produit pulvérisé, obtenue lors d’essais complémentaires. Il ne représente ni la concentration respirée dans toutes les salles de bains ni la dose absorbée par une utilisatrice.

Dès octobre 2022, Unilever avait rappelé aux États-Unis certains lots de shampoings secs Dove, Nexxus, Suave, TIGI et TRESemmé fabriqués avant octobre 2021. Le rappel ne concernait pas l’ensemble des produits de ces marques.

Pourquoi le benzène pose un problème de santé

Le benzène est classé cancérogène avéré pour l’être humain, dans le groupe 1 du Centre international de recherche sur le cancer. Son implication dans certaines maladies du sang, notamment la leucémie myéloïde aiguë, est établie.

Lorsqu’il est inhalé, une partie traverse les poumons et rejoint la circulation sanguine. L’organisme le transforme ensuite en plusieurs substances réactives susceptibles d’endommager les cellules de la moelle osseuse, où sont fabriquées les cellules sanguines.

Ces mécanismes expliquent pourquoi il faut limiter l’exposition. Ils ne permettent toutefois pas d’affirmer que quelques utilisations d’un shampoing sec entraîneront une maladie. Le risque dépend notamment de la quantité absorbée, de la fréquence et de la durée d’exposition.

Dans son communiqué de rappel, Unilever indiquait qu’une évaluation indépendante n’anticipait pas d’effets sanitaires aux niveaux mesurés dans les produits concernés. Cette appréciation, rapportée par l’entreprise, n’annulait pas la consigne d’arrêter leur utilisation.

Butane, propane : l’étiquette ne suffit pas à repérer une contamination

Dans le rappel américain d’Unilever, l’enquête interne avait identifié le gaz propulseur comme source de contamination. Le benzène était une impureté, et non un ingrédient recherché pour ses propriétés cosmétiques.

Les noms « butane », « isobutane » ou « propane » sur un emballage signalent la présence de gaz propulseurs. Ils ne prouvent pas que le flacon contient du benzène. À l’inverse, l’absence du mot « benzène » dans la liste des ingrédients ne garantit pas l’absence de traces accidentelles.

Pour vérifier un produit, il faut donc consulter les avis de rappel et comparer la référence exacte ainsi que le numéro de lot. Une information ancienne concernant une marque ne suffit pas à conclure pour toutes ses formulations.

Les précautions utiles dans la salle de bains

Sans attendre une alerte, quelques habitudes permettent de limiter l’exposition au nuage de pulvérisation :

  • Utilisez le produit dans une pièce bien ventilée, en respectant les indications de l’emballage.
  • Évitez de vaporiser vers le visage et de respirer directement le nuage.
  • Appliquez une petite quantité, uniquement sur les zones qui en ont besoin.
  • N’utilisez plus un lot rappelé : aérer la pièce ne rend pas acceptable un produit concerné par une consigne de retrait.
  • Arrêtez en cas d’irritation du cuir chevelu ou de gêne respiratoire et demandez conseil si les symptômes persistent.

En France, les avis officiels sont accessibles sur RappelConso. Pour un flacon acheté à l’étranger, consultez également les informations du fabricant et de l’autorité sanitaire du pays d’achat.

Les poudres « naturelles » ne sont pas sans précautions

Un shampoing sec sans gaz propulseur peut constituer une autre option. Mais une poudre dispersée dans l’air reste susceptible d’être inhalée : « naturel » ne signifie pas « sans risque pour les poumons ».

La fécule de maïs, l’argile ou les mélanges maison ne doivent donc pas être présentés comme des solutions garanties sans danger. L’Académie américaine de dermatologie conseille plutôt un produit formulé pour cet usage, adapté aux cheveux, appliqué en petite quantité selon sa notice.

Enfin, le shampoing sec absorbe le sébum sans remplacer un lavage. Les dermatologues recommandent de reprendre un shampoing à l’eau après une ou deux utilisations, afin d’éliminer les résidus accumulés sur les cheveux et le cuir chevelu.

Sources

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