Leucémie : la découverte d'une protéine par des chercheurs lillois pour prévenir les rechutes

Publié par Freya Yophy
le 20/04/2026
leucémie
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L'identification de la protéine CD81 par des chercheurs lillois ouvre la voie à une nouvelle stratégie thérapeutique ciblée pour empêcher les rechutes et améliorer la survie des patients atteints de leucémie aiguë myéloïde.

La leucémie aiguë myéloïde représente le cancer du sang le plus fréquent chez l'adulte, touchant principalement les patients dont la moyenne d'âge atteint 70 ans. Près de 80 % des malades entrent en rémission complète après leur première chimiothérapie. Cependant, la grande majorité subit une rechute causée par des cellules dormantes résistantes aux traitements initiaux.

Le CD81 protège les cellules souches

Les traitements standards échouent souvent à éradiquer la maladie car ils ciblent les cellules en division rapide et épargnent les éléments inactifs. Les chercheurs ont mis en évidence le rôle du CD81, une protéine de la famille des tétraspanines agissant comme un bouclier. Sa présence à la surface des cellules cancéreuses passe de 33 % au moment du diagnostic à 63 % lors d'une rechute

Cette molécule favorise l'adhésion, la migration et la protection des cellules souches leucémiques au sein de la moelle osseuse, les préservant des effets de la chimiothérapie classique. 

Les analyses prouvent qu'une forte expression de CD81 accroît l'agressivité de la maladie et le risque de décès précoce. Détail inattendu, cette même protéine sert de récepteur principal permettant l'entrée du virus de l'hépatite C dans les cellules humaines.

Les chercheurs lillois ciblent la protéine

Ce progrès médical résulte d'un travail collaboratif de haut niveau mené par l'unité Canther, regroupant l'Inserm, le CNRS, l'Université et le CHU de Lille. L'équipe a expérimenté en laboratoire un anticorps anti-CD81 conçu pour neutraliser spécifiquement cette cible sans affecter les tissus sains. 

Les résultats démontrent une baisse drastique de la charge tumorale chez la souris. L'association de cet anticorps avec le protocole classique, composé de cytarabine et d'anthracyclines, permet de prolonger significativement la survie globale sur les modèles animaux testés.

Des essais cliniques porteurs d'espoir

La maladie frappe durement les seniors, imposant un taux de survie à cinq ans inférieur à 10 % chez les patients de plus de 60 ans. L'application humaine de ces recherches par anticorps monoclonaux s'organise activement avec des essais cliniques prévus à court terme. Ces tests évalueront la sécurité de l'approche et ses effets secondaires potentiels par rapport aux traitements conventionnels. 

Le développement futur d'un test de dépistage rapide du marqueur promet d'adapter le protocole de soins dès l'apparition de la pathologie, instaurant une médecine de précision efficace pour prévenir toute récidive. 

La communauté scientifique s'interroge d'ores et déjà sur l'opportunité d'appliquer cette découverte à d'autres formes de cancers du sang partageant des mécanismes de résistance similaires.

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