L'alcool au féminin : un phénomène bien plus répandu qu'on ne veut le croire...

Publié le 16 Mars 2009 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
On en parle peu et pourtant les troubles liés à l'alcool sont de plus en plus fréquents chez les femmes. Par rapport aux hommes, les femmes sont plus vulnérables aux méfaits de l'alcool. Par ailleurs, on remarque que les contextes de consommation diffèrent.
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Les femmes face à l'alcool


Les problèmes avec l'alcool sont trois fois plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Mais l'alcoolisme au féminin (que les experts préfèrent désigner par troubles de l'alcoolisation) s'est amplifié au cours des vingt dernières années et il diffère sur de nombreux points des problèmes d'alcoolisation masculins.

Consommation excessive d'alcool : trois niveaux de conséquences et de risques


Tout d'abord, il faut savoir qu'il existe trois niveaux de mésusage de l'alcool. Le premier est représenté par l'usage à risque. Par exemple, boire de l'alcool régulièrement en quantité trop importante expose à des risques ultérieurs pour sa santé, mais aussi sociaux, familiaux et professionnels. Le deuxième niveau est une utilisation nocive de l'alcool, c'est-à-dire que les méfaits sont déjà visibles sur les relations, les activités sociales, sur l'organisme. Le troisième niveau est celui de l'alcoolodépendance, avec perte du contrôle de sa consommation.

Une plus grande vulnérabilité féminine aux méfaits de l'alcool


Chez les femmes, le deuxième niveau est plus facilement atteint, c'est-à-dire que l'usage devient plus rapidement nocif. A consommation égale, les dommages physiques et psychologiques sont plus importants que chez les hommes. Les femmes sont plus vulnérables aux effets de l'alcool et développent davantage de pathologies, notamment hépatiques. Mais il faut savoir que la récupération est rapide à l'arrêt de la consommation d'alcool.

Les hommes consomment dans un contexte social, les femmes dans un contexte anxio-dépressif


Une autre différence entre homme et femme est liée au contexte de consommation. Globalement, la consommation d'alcool chez les hommes a lieu dans un contexte social (du moins à l'origine). Chez les femmes, l'alcoolisation est davantage solitaire et s'inscrit dans un contexte anxio-dépressif. Le profil type serait celui d'une femme d'âge moyen, dont l'image d'elle-même n'est plus satisfaisante, bien insérée dans la société, mariée à un homme actif et souvent absent, dont les grands enfants viennent de quitter le foyer familial, et qui éprouve un sentiment d'abandon et d'inutilité.

Alors que chez l'homme la dépression est plutôt consécutive à la consommation d'alcool excessive, chez la femme c'est l'état anxio-dépressif qui favorise l'excès de boisson. Cette relation est renforcée par la perception beaucoup plus négative et intolérante de l'entourage face à la consommation d'alcool par une femme.

Malgré tout, les femmes sont proportionnellement beaucoup plus nombreuses que les hommes à consulter pour ce problème. Elles ont davantage conscience des méfaits de l'alcool sur tous les plans, physique, psychique et relationnel. Il est important de les encourager dans ce sens car les professionnels de santé peuvent leur apporter une aide intéressante.

Source : Le Quotidien du médecin, 6 mars 2009.