Adolescents : pourquoi ont-ils du mal à se lever le matin ?

Publié le 31 Mai 2005 à 2h00 par Dr Catherine Solano
C'est un fait, s'il a 16 ans, vous avez du mal à le réveiller pour aller au lycée !Est-ce la flemme ? Le manque de motivation ? Le signe d'une génération « trop gâtée » ?Apparemment non ! La science a des explications à ce phénomène qui énerve souvent les adultes !
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Le sommeil des adolescents dépend du tempo de la mélatonine

« Il semblerait, explique Mary Carskadon (1), que le cerveau des adolescents ne soit pas sensible à la lumière de la même manière que celui des adultes. Il serait moins sensible à la lumière le matin, et plus sensible à la lumière le soir ». Or, le soir, quand l'intensité lumineuse diminue, le cerveau produit une hormone, la mélatonine qui prépare le corps à s'endormir. Le matin, au contraire, quand la lumière du jour revient, le taux de mélatonine baisse.

Le sommeil de l'ado est décalé

Chez l'adolescent, le taux de mélatonine s'élève plus lentement le soir, et son corps n'est pas prêt à dormir rapidement. La nuit de sommeil commence donc plus tard. Il aurait ainsi besoin de dormir davantage le matin. Et c'est ce qu'il fait, quand il peut. Mais les horaires fixés par les adultes lui commandent souvent de se lever quand il n'a pas eu son content de sommeil.

Résultat, les adolescents ne dorment pas suffisamment. Mary Carskadon observe que, « en moyenne, ils dorment 7,5 heures par nuit pendant le temps scolaire. Et un quart d'entre eux dort 6,5 heures ou moins. Alors, quand vous comparez leur temps de sommeil réel, et les 9h 1/4 de sommeil dont ils ont besoin pour être le lendemain en état normal d'éveil, il est sûr qu'ils sont en dette de sommeil nuit après nuit. »

Que faire concrètement ?

Certaines écoles, aux États-unis, ont décidé de débuter plus tardivement les journées d'école pour les adolescents. Le résultat est très positif, d'après les enseignants, les parents et les enfants. Il y a davantage de teenagers en classe : moins d'école buissonnière ou de panne d'oreiller !

La psychiatre américaine conseille aussi une mesure de bon sens : limiter la luminosité ambiante quand vient l'heure de se coucher, afin que la mélatonine fasse plus facilement son effet. Et inversement, augmenter la lumière matinale pour aider l'éveil.

Eduquer les adolescents au sommeil, c’est important

Cette spécialiste préconise aussi une éducation au sommeil. Expliquer ces phénomènes aux adolescents les aide à se prendre en charge. Et c'est important. En effet, "Si nous avons une sorte d'épidémie de dépression chez les adolescents, insiste ce chercheur américain, il se peut que le manque de sommeil en soit un des éléments".

Cette éducation au bien dormir est importante, car se lever tard et se coucher tard entraîne également une forte consommation d’aliments plus caloriques et à une prise de poids(2).

D’autre part, le manque de sommeil chez les enfants est associée à des déficits des fonctions cognitives complexes et une augmentation des problèmes comportementaux(3).