Acomplia® et obésité : efficace mais potentiellement dangereux

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Des experts américains viennent de se prononcer contre la commercialisation du rimonaban, un médicament vendu en France depuis avril 2007 sous le nom d'Acomplia®, et réservé aux personnes obèses et diabétiques. Pourquoi et quelles leçons en tirer ?

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Les espoirs de la "pilule anti-obésité"

L'autorisation de mise sur le marché de ce médicament du laboratoire français Sanofi-Aventis était attendue de longue date. Il faut dire que la progression des essais cliniques a été suivie de près par la communauté scientifique, et parallèlement relayée par les médias, parfois sous la dénomination exagérée de "pilule anti-obésité". Il faut dire que, face à la progression alarmante de l'obésité et aux difficultés de prendre en charge cette maladie, l'idée de disposer d'un traitement médicamenteux efficace était particulièrement alléchante. Or selon les expérimentations, les personnes prenant cette molécule perdent en moyenne 6,4 kilos contre 1,8 avec un placebo. Finalement, Acomplia® dont la dénomination commune internationale est le rimonaban, a obtenu une autorisation de mise sur le marché français en juin 2007. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a cependant bien précisé que ces indications étaient restreintes et très précises. C'est-à-dire que ce médicament est réservé aux personnes souffrant à la fois d'obésité et de diabète de type 2. Mais cette molécule est également commercialisée actuellement dans 18 autres pays.

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Coup de tonnerre autour du rimonaban

Le Comité d'experts de la Food and Drug Administration (FDA) vient cependant de se prononcer à l'unanimité contre la commercialisation de l'Acomplia®. En effet, ce médicament est associé à une augmentation des troubles psychiatriques et des idées suicidaires. De tels effets sont même retrouvés chez des personnes sans antécédent de dépression. Les autorités américaines devraient très bientôt rendre leur décision finale. Et il est fort probable qu'elle soit en défaveur du rimonaban. Rappelons que les autorités sont actuellement extrêmement prudentes depuis l'affaire du Vioxx®, médicament autorisé par la FDA qui s'est ensuite révélé associé à des effets secondaires très dangereux, notamment cardiovasculaires.

 
Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 02 Juillet 2007 : 02h00