Rougeole : pourquoi la troisième victime ne pouvait pas être vaccinée

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mercredi 11 Juillet 2018 : 11h36

La flambée de rougeole a déjà provoqué la mort de trois personnes. Aucune n'était vaccinée. La dernière victime avait reçu une greffe de cœur à l'âge de deux ans et demi.

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Sportive, souriante, combattive. Le portrait de Marine E., 16 ans, est celui d'une lycéenne dynamique fauchée par la rougeole. Troisième victime de l'épidémie démarrée en novembre dernier, la jeune fille n'était pas vaccinée. Sa famille en a expliqué les raisons à France Bleu Gascogne.

Cette résidente des Landes menait une vie active qui avait tout du miracle. A l'âge de deux ans et demi, Marine E. a bénéficié d'une greffe cardiaque. "Sans un nouveau cœur, elle n'aurait pas survécu", confie sa mère à nos confrères de la radio locale.

Une contre-indication formelle

C'est aussi à cause de cette transplantation que la jeune fille n'a pas pu être vaccinée. Elle prenait, chaque jour, un traitement antirejet, indispensable pour conserver le greffon. En effet, lorsqu'un organe est prélevé depuis un autre organisme, le système immunitaire développe des anticorps contre celui-ci.

Ce n'est que grâce à un médicament, dit immunosuppresseur, que cette réaction de rejet est contrôlée. Le prix : un affaiblissement extrême des défenses immunitaires, qui empêche de se protéger contre certaines maladies, dont la rougeole.

Cela s'explique par le fait que le vaccin contient le virus vivant atténué. Il est donc contre-indiqué aux personnes affaiblies. C'est pourquoi Marine et le jeune homme de 26 ans, décédé au cours du mois de juin, n'étaient pas vaccinés.

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Des complications neurologiques

Dans de telles situations, il est essentiel que l'entourage soit bien vacciné : c'est la protection collective  qui permet d'éviter la transmission du virus. Dans les Landes, à l'épicentre de l'épidémie, la mauvaise couverture vaccinale n'a pas permis de protéger la jeune fille.

En mai 2018, l'état de santé de Marine s'est considérablement dégradé. Hospitalisée au CHU de Bordeaux (Gironde), elle est restée de longues semaines sous surveillance. Mais il a fallu un long moment avant que la rougeole ne soit diagnostiquée.

Cela n'a d'ailleurs pas aidé : il n'existe aucun traitement contre cette maladie virale. La jeune fille a été placée dans un coma artificiel dont elle n'est jamais sortie. Ce sont finalement des complications neurologiques qui ont provoqué son décès.

"Aujourd'hui, il n'y a pas que Marine qui part, mais il y a aussi le donneur", déplore sa mère interrogée par France Bleu Gascogne. Ses obsèques sont célébrées ce 11 juillet.

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