Plaisir et désir sexuel : l'apport des neurosciences

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 12 Février 2003 : 01h00
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L'image de la sexualité a évolué et aujourd'hui, celle-ci ne peut être réduite à la seule fonction de reproduction. La nature n'a-t-elle pas pris aussi la peine de créer des organes spécifiques liés au plaisir ?

En effet, la nature nous a doté de substances chimiques, les neuromédiateurs, circulant dans notre cerveau afin de nous permettre de ressentir désir et plaisir. Pourtant, il semble que l'autorisation de parler du plaisir et du désir, même et surtout dans l'intimité du couple, ne nous a pas toujours été donnée. Plaisir et désir sexuels sont souvent des énigmes, voire des tabous.

Entre désir et plaisir, des mécanismes neurologiques différents

Les découvertes récentes des neurosciences nous aident à mieux comprendre les différences entre le plaisir et le désir, dont les mécanismes neurologiques semblent très différents. « Sous l'effet du désir, le regard est concentré, le corps tendu, le ventre serré et l'attente presque douloureuse. Sous celui du plaisir, les muscles se relâchent, le corps s'abandonne, le regard devient flou, le temps se dilue ». Cette description est celle du Pr David Servan-Schreiber, psychiatre aux Etats-Unis . Dans un article publié dans la revue psychologie magazine, il explique : « C'est le comportement paradoxal des toxicomanes qui a mis les chercheurs sur la piste. La première dose de cocaïne ou d'héroïne procure une vague de plaisir intense. Mais cette première expérience ne se répète presque jamais. Pourtant, le désir pour la drogue continue d'augmenter avec l'usage… »

La dopamine, hormones du désir. Les endorphines, hormones du plaisir

Le Pr David Servan-Schreiber explique plus loin que la dopamine est « le transmetteur chimique du cerveau qui est le carburant de l'action : l'afflux de dopamine induit en effet un état d'activation du corps et de l'esprit qui prépare à agir ». La montée du désir serait donc provoquée par une bouffée de dopamine dont la libération procure une sensation d'énergie et de puissance qui permet alors de s'imposer aux autres et d'obtenir ces « objets du désir » que le partenaire sexuel incarne.Les endorphines sont des petites molécules, sécrétées par le cerveau et leur effet ressemble à celui de l'opium, « elles induisent calme et plénitude, un sentiment de satisfaction avec l'état des choses… d'où le désir est absent ».

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 12 Février 2003 : 01h00
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