Un pas décisif vers le clonage thérapeutique

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 31 Mai 2005 : 02h00
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Impossible n'est pas coréen. En effet, des chercheurs sud-coréens viennent de réaliser un exploit décisif en clonant des embryons humains à partir de cellules prélevées chez onze donateurs malades. Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives dans la compréhension des pathologies graves et incurables, comme les maladies neurodégénératives, Alzheimer, Parkinson…, sans oublier l'ouverture vers le clonage thérapeutique.

Ces chercheurs coréens ont recruté 18 femmes volontaires pour un don d'ovules. Un total de 128 ovules a ainsi été obtenu. Le matériel génétique contenu dans ces ovules a ensuite été retiré et remplacé par le noyau de cellules de peau prélevées sur des enfants et des adultes de 2 à 56 ans. Tous ces volontaires étaient atteints d'une maladie comme un diabète juvénile ou une autre maladie génétique. Une fois les cellules des sujets malades clonées dans les ovocytes, les chercheurs ont réussi à déclencher le processus de division permettant d'obtenir des embryons de six jours, au stade de blastocytes, soit une centaine de cellules. A partir de ces blastocytes, onze lignées de cellules souches contenant chacune un patrimoine génétique différent, mais identique à l'un des onze donneurs, ont été obtenues.

Ce même procédé avait permis de concevoir la brebis Dolly, sauf que dans le cas présent, il ne s'agit pas d'autoclonage et que les embryons ne sont pas réimplantés. Ce dernier point fait toute la différence entre le clonage thérapeutique et le clonage reproductif

Après de minutieuses vérifications, les chercheurs ont affirmé que les cellules étaient bien formées, sans anomalie chromosomique, et suffisamment différenciées et pluripotentes, c'est-à-dire capables de former tous les organes de l'organisme : épiderme, rétine, muscles, moelle osseuse, estomac, poumon, intestin De plus, elles sont parfaitement compatibles sur le plan immunologique avec les tissus du malade, ce qui est logique puisque la lignée cellulaire est un clone du malade, soit le « père génétique ». A ce niveau, il serait donc possible, sans risque de rejet, de réinjecter au malade des cellules ou des tissus réparateurs obtenus à partir de sa propre lignée cellulaire. C'est bien là le principe du clonage thérapeutique.

Cette technique devrait permettre également d'étudier et de comprendre les mécanismes impliqués dans de nombreuses maladies, notamment les maladies génétiques et celles liées au vieillissement.

Soulignons que le clonage thérapeutique est interdit en France, et espérons que cette recette coréenne du clonage ne tombe pas entre les mains d'apprentis sorciers.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 31 Mai 2005 : 02h00
Source : Science, Woo Suk Hwang et coll., mai 2005.
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