Paracétamol : l’antalgique dévoile ses secrets d’action antidouleur !

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 14 Mars 2012 : 12h16
Mis à jour le Jeudi 15 Mars 2012 : 09h39

Commercialisé depuis 1957, le paracétamol, qui est pourtant l’antidouleur le plus populaire et le plus utilisé en France, n’avait jamais livré les secrets de son mode d’action. Des chercheurs britanniques et suédois ont enfin levé le voile …

© getty

Paracétamol : une protéine appelée TRPA1, responsable de l’action antidouleur

La fameuse protéine TRPA1, identifiée par les chercheurs comme étant probablement à l’origine des effets antalgiques du paracétamol, apparaît lors de la transformation dans l’organisme de l’antidouleur. En se liant à des récepteurs de la TRPA1 présents sur certaines fibres nerveuses, les signaux douloureux à la chaleur, à la pression, etc., diminuent. Or ces récepteurs ont été retrouvés principalement au niveau du cerveau et de la moelle épinière, là où se retrouvent toutes les fibres nerveuses de la sensibilité.

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Bientôt, de nouveaux antalgiques ciblant la protéine TRPA1

Le paracétamol étant toxique pour le foie au-delà de 4 grammes par jour ou en cas de prise simultanée d’alcool (risque d’hépatite aiguë), les chercheurs espèrent maintenant mettre au point d’autres antalgiques mieux tolérés, ciblant directement les récepteurs à la protéine TRPA1.

En attendant que de nouveaux médicaments ciblant les récepteurs TRPA1 voient le jour, ce qui peut prendre encore quelques années, autant corriger les erreurs les plus souvent commises avec ces derniers et qui en réduisent l’efficacité. En l’occurrence, il n’y a aucun intérêt à alterner deux antalgiques car on ne sait plus lequel des deux a été efficace et en cas d’effet secondaire, lequel des deux pose problème. Mieux vaut choisir un seul antalgique (comme le paracétamol) et l’utiliser à la bonne posologie.

En plus, quand on prend deux antidouleurs avec des noms commerciaux différents, on peut se retrouver avec deux fois la même molécule sans le savoir (souvent du paracétamol), d’où un risque de surdosage.

Enfin, lorsqu’on sait qu’une douleur est susceptible de durer (mal de dos par exemple), on doit reprendre un antalgique à intervalles réguliers, sans attendre d’avoir mal : en effet, une douleur est plus difficile à combattre lorsqu’elle est déjà installée et intense.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 14 Mars 2012 : 12h16
Mis à jour le Jeudi 15 Mars 2012 : 09h39
Source : Nature Communications, mars 2012
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