Ce billet fait partie du blog "Le blog de la Rédaction".

Ne prenez pas d’aspirine sans bonne raison

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 16 Janvier 2012 : 11h54
Mis à jour le Lundi 16 Janvier 2012 : 14h23
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Après un infarctus du myocarde, prendre de l’aspirine à faible dose est très efficace. L’aspirine présente en effet l’avantage de réduire l’agrégation des plaquettes sanguines, rendant de ce fait le sang plus fluide. Du coup, certains s’imaginent qu’ils peuvent en prendre avant d’avoir eu un premier infarctus. Erreur…

L'aspirine, un médicament pour quels maux ?

L’aspirine est un médicament exceptionnel qui dispose à lui tout seul de 4 propriétés essentielles. Il est à la fois :

  • antalgique ou anti-douleur,
  • anti-inflammatoire,
  • antipyrétique ou anti-fièvre,
  • et anti agrégant plaquettaire ou anticoagulant.

Au contraire des trois autres propriétés, la fluidification du sang s’observe pour de faibles doses, permettant de prendre de l’aspirine au long cours. C’est une propriété très utile en prévention de la rechute des infarctus du myocarde, ceux-ci étant généralement dus à l’obstruction d’une ou de plusieurs artères du cœur (ou artères coronaires) par un caillot de sang. En empêchant les caillots de se former, l’aspirine contribue donc à la prévention de la rechute de l’infarctus.

C’est pour bénéficier de cette propriété préventive que certains prennent de l’aspirine à faible dose tous les jours, même s’ils n’ont pas fait eux-mêmes d’infarctus du myocarde. Ils en prennent au cas où, considérant qu’avec ce faible dosage, le rapport bénéfice-risque sera en faveur de l’aspirine.

Mais attention, l’aspirine reste un médicament dangereux, même à faible dose

Une analyse de 9 grandes études, rassemblant plus de 100.000 cas, vient de leur donner tort. Si le nombre d’infarctus est effectivement diminué de 10 %, cela ne change rien en terme de mortalité par infarctus.

En revanche, le nombre de complications graves en relation avec une hémorragie est trois fois plus important, avec une augmentation de 30 %. Autrement dit, ce que l’on gagne d’un côté peut être perdu de l’autre. Ainsi, en fluidifiant le sang, l’aspirine prévient bien de l’infarctus du myocarde, mais il expose encore plus au risque de faire une hémorragie interne, notamment digestive.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 16 Janvier 2012 : 11h54
Mis à jour le Lundi 16 Janvier 2012 : 14h23
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