Les médicaments sont responsables de 3% des accidents de la route

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 19 Novembre 2010 : 15h53
Mis à jour le Lundi 22 Novembre 2010 : 10h15

Les drogues, l’alcool et le cannabis sont des substances bien connues pour altérer les capacités de conduite qui ont clairement été associées aux accidents de la route. Mais certains médicaments modifient eux aussi l’aptitude des conducteurs.

Pour la première fois, une étude de grande envergure a permis de déterminer le pourcentage d’accidents de la route attribuables à la prise de médicaments. Cette étude a porté sur plus de 70.000 conducteurs impliqués dans un accident corporel entre 2005 et 2008. Les médicaments de niveau 2 et 3 augmentent le risque d’être responsable d’un accident. De plus, le risque d'accident corporel est directement associé au nombre de médicaments de niveau 2 ou 3 consommés simultanément : augmentation de 14 % avec un seul médicament, de 30 % avec deux, de 86 % avec trois et de 88 % au-delà. Au final, 3% des accidents sont dus aux médicaments conducteurs consommés par les conducteurs.

Les médicaments de niveau 2 et 3 sont essentiellement des anxiolytiques, des hypnotiques, des antiépileptiques, des antidépresseurs et les traitements de substitution destinés à combattre la dépendance aux stupéfiants opiacés. Ils peuvent affecter les capacités à conduire de différentes façons : somnolence, modifications du comportement, vertiges, troubles de la coordination, de la vue, etc.

Depuis 2005, il existe une classification des médicaments les plus dangereux, signalée à l’usager par un pictogramme de couleur orangé (niveau 2) ou rouge (niveau 3).

Code couleur des pictogrammes sur les médicaments

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Niveau 1 (pictogramme jaune) : faibles effets sur la conduite et dépendent de la susceptibilité individuelle.

Niveau 2 (pictogramme orange) : les capacités de conduite peuvent être remises en cause, dans certains cas. L’avis d'un professionnel de santé est nécessaire.

Niveau 3 (pictogramme rouge) : La conduite est fortement déconseillée et un avis médical est préconisé.

En pratique, pensez à regarder systématiquement la couleur du pictogramme qui figure sur les médicaments que vous devez prendre. En cas de couleur orange et, à plus forte raison rouge, demandez l’avis de votre médecin. Les effets des médicaments ne sont vraiment pas à prendre à légère, surtout lorsqu’il s’agit de prendre le volant. Pas question de mettre sa vie en danger ni celle des autres !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 19 Novembre 2010 : 15h53
Mis à jour le Lundi 22 Novembre 2010 : 10h15
Source : Etude collective (Afssaps, Inserm, Assurance maladie et Institut de recherche sur les transports et leur sécurité), publiée dans PLoS Medicine, novembre 2010.
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