Hystérectomie (ablation de l'utérus) : quel impact sur la sexualité ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 22 Octobre 2003 : 02h00
Mis à jour le Mardi 03 Mai 2016 : 17h54

Une femme devant subir une hystérectomie, ou ablation de l'utérus, se pose inévitablement des questions quant à l'avenir de sa vie sexuelle.

Les résultats d'une étude récente menée aux Pays-Bas penchent nettement en faveur d'une amélioration de la sexualité.

Pourquoi l’hystérectomie peut-elle avoir un impact sexuel ?

 

Les conséquences anatomiques de l’hystérectomie

  • Enlever l’utérus implique de couper des tissus, donc de sectionner certaines fibres nerveuses susceptibles d’innerver la zone sexuelle.

     

    Ces lésions nerveuses peuvent avoir des conséquences.

     

  • Lorsque les ovaires sont aussi enlevés, ce qui est le plus souvent le cas, cela entraîne une baisse brutale d’hormones de type estrogènes et androgènes, ce qui peut agir sur le désir sexuel et la lubrification sexuelle.

     

     

  • L’ablation de l’utérus, situé au fond du vagin, peut avoir comme conséquence de diminuer un peu la profondeur du vagin.

Les conséquences fonctionnelles (orgasme, contractions, utérus)

Au moment de l’orgasme se produisent des contractions de l’utérus. Or, sans utérus, les contractions disparaissent à ce niveau.

Les règles disparaissent si la femme n’était pas ménopausée.

Les conséquences psychiques

L’utérus est un organe sexuel féminin, jouant un rôle dans la féminité, la fertilité et la sexualité. Il peut donc être très investi émotionnellement, et l’hystérectomie peut avoir un impact émotionnel d’autant plus important que cet investissement est profond.

Les conséquences liées au problème entraînant l’opération

Si l’utérus est ôté par chirurgie, c’est qu’il existe une raison médicale. Or, guérir ou soigner un problème a généralement des impacts très positifs sur le confort de vie, y compris sur le confort sexuel.

Hystérectomie, les conséquences sexuelles

La baisse d’hormones de type estrogènes et androgènes fabriquées auparavant par les ovaires peut entraîner une baisse du désir sexuel et une sécheresse vaginale, source de douleurs lors des relations sexuelles. Ceci est à modérer quand l’hystérectomie se pratique chez une femme ménopausée dont les ovaires sont déjà partiellement au repos et qui peut donc déjà observer une sécheresse vaginale.

Les contractions de l’orgasme au niveau vaginal ne sont plus présentes, mais elles peuvent continuer à être perçues par les femmes. On parle même parfois d’organe fantôme. En réalité, d’autres zones se contractent au moment de l’orgasme, en particulier le vagin, d’où une sensation orgasmique potentiellement préservée.

La disparition des règles peut soulager la femme, voire même lui changer la vie si elle souffrait de règles très abondantes ou douloureuses ou bien de saignements. Sa vie sexuelle peut s’en trouver considérablement améliorée.

Les douleurs pendant les rapports sexuels ont souvent tendance à disparaître après l’ablation de l’utérus quand l’indication de l’opération a été bonne.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 22 Octobre 2003 : 02h00
Mis à jour le Mardi 03 Mai 2016 : 17h54
Source : British Medical Journal, 327 : 774-777, 4 octobre 2003.
A lire aussi
Plus d'articles