Les femmes vont bien

Publié par Hopital.fr le Lundi 26 Octobre 2009 : 01h00
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Le ministère de la Santé met en ligne les résultats d'une étude sur la santé des femmes en France. Cette "photographie de la santé des femmes" révèle de bons résultats, même si plusieurs points restent perfectibles.

Les femmes françaises affichent un bon état de santé

Cet ouvrage, intégralement accessible sur le site internet du ministère (voir le lien ci-dessous), aborde la santé des Françaises sous tous ses aspects : démographie, santé sexuelle et reproductive, périnatalité, différents types de maladies, mais aussi santé mentale, santé et travail ou encore santé et précarité.

Globalement, les femmes françaises affichent un bon état de santé. Leur espérance de vie à la naissance - 84,4 ans - figure ainsi parmi les plus élevées au monde, derrière les Japonaises. Elle est très nettement supérieure à celle des hommes français (77,5 ans), même si l'écart tend à se réduire. Pourtant, les femmes se perçoivent toujours en moins bon état de santé et déclarent en moyenne plus de maladie que les hommes. Les femmes consomment également davantage de soins, de médicaments et d'hospitalisation que les hommes, mais ceci est très largement lié à une espérance de vie plus longue et à la maternité.

Même si l'espérance de vie progresse dans toutes les catégories sociales, celle des femmes cadres reste de trois ans supérieure à celle des ouvrières. De même, le renoncement à des soins faute de moyens financiers est plus important chez les femmes (16,5%) que chez les hommes (11,7%).

En matière de fécondité, les Françaises figurent au deuxième rang européen - juste derrière l'Irlande - avec un indice de deux enfants par femme en âge de procréer. La situation sanitaire autour de la naissance s'est, elle aussi, nettement améliorée, comme en témoigne la baisse des indicateurs d'infections périnatales. Mais il demeure des disparités sociales "préoccupantes" dans le suivi des grossesses. De même, la France connaît l'un des taux d'IVG les plus élevés d'Europe (210.000 IVG chaque année). Les Françaises figurent pourtant, dans le même temps, parmi les premières au monde pour l'utilisation de méthodes médicales de contraception...

Autre point faible : la mortalité "évitable", c'est-à-dire celle qui aurait pu être évitée par des comportements de prévention. L'étude estime qu'"un quart des décès féminins survenus avant 65 ans pourraient être évités par une réduction des comportements à risque, tabagisme et alcoolisme en particulier". Avec 30% de fumeuses quotidiennes ou occasionnelles, le tabagisme reste en effet stable chez les femmes depuis trente ans, alors qu'il diminue chez les hommes. De même, 8% des femmes déclarent consommer de l'alcool quotidiennement.

L'étude passe ensuite en revue, sous la forme d'une série de fiches thématiques, la situation des femmes au regard d'un certain nombre de maladies. On y retrouve notamment la question de la surcharge pondérale (deux femmes sur cinq sont en surcharge pondérale et une sur cinq présente une obésité), les améliorations en matière de prévention et de détection précoce des cancers, ou encore des analyses sur des maladies qui touchent plus spécialement les femmes, comme l'ostéoporose ou la maladie d'Alzheimer (les deux tiers des malades sont des femmes).

L'étude consacre également des développements intéressants à d'autres aspects de la santé des femmes. En matière de santé mentale, par exemple, la dépression et l'anxiété sont plus fréquentes chez les femmes, mais ces dernières hésitent moins que les hommes à recourir au système de soins. De même, les décès par suicide sont nettement moins nombreux chez les femmes que chez les hommes, même si la France se situe dans le groupe des pays à fréquence élevée de suicide féminin. Les risques psychosociaux (stress au travail, troubles musculosquelettiques...) sont également présents chez les femmes, mais ils restent encore peu documentés. En revanche, les femmes sont surexposées aux violences sexuelles : 11% des 18 à 75 ans sont concernées par des attouchements, rapports sexuels forcés (ou tentatives) contre 3% des hommes du même groupe d'âge, sur le cours entier de leur vie. On peut y ajouter également les violences conjugales. Même si le bilan de la santé des femmes est globalement positif, il apparaît ainsi que subsistent néanmoins d'importantes marges de progrès.

Publié par Hopital.fr le Lundi 26 Octobre 2009 : 01h00
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