Complexes physiques : pourquoi si peu d'estime de soi ?

Publié par Psychonet Production le Lundi 07 Janvier 2002 : 01h00
Mis à jour le Lundi 10 Mai 2004 : 02h00
-A +A
Les complexes physiques, qui surgissent le plus souvent à l'adolescence mais qui peuvent perdurer à l'âge adulte, prennent les formes les plus diverses selon le rapport que chacun(e) entretient avec son corps. Ils passent par une obsession des chiffres : poids, taille, proportions, qui se réfèrent toujours à un modèle idéal. Comment prendre confiance en soi et s'accepter tel que l'on est ? Quelques conseils.

Ne pas supporter son image

Notre corps est un peu notre "vitrine" : il nous protège, et en même temps il nous expose aux regards de notre entourage. Le problème est que l'idée que nous nous faisons de lui est rarement en accord avec ce que les autres pensent de nous. "Si futile que cela puisse parfois paraître, des gens, absolument pas monstrueux, ont un rapport à leur image qui les parasite au point même de les empêcher de vivre une vie épanouie" note Gérard Guillerault, psychanalyste et psychothérapeute. "Certaines personnes souffrent même si profondément dans leur corps qu'elles ne peuvent parfois même plus se regarder dans une glace. Si cette souffrance est tellement disproportionnée par rapport à la réalité, c'est sans doute bien que la problématique, même si elle vient se focaliser sur le reflet de l'enveloppe corporelle, se joue en fait à un tout autre niveau de reconnaissance, d'acceptation et de valorisation de soi".

Difficile adolescence…

L'adolescence est la période où l'on entretient les rapports les plus difficiles avec son corps dans la mesure où l'adolescent quitte sa coquille d'enfant et n'est pas encore à même d'endosser une carapace d'adulte. C'est cette situation, dans laquelle l'adolescent est mis à nu face à ses émotions et aux regards des autres, que la célèbre psychanalyste Françoise Dolto a appelée «le complexe du homard». « On guette dans le miroir le surgissement de soi-même confronté à une image idéale », écrit-elle. Ses nouvelles réalités anatomiques alliées aux sensations de la puberté peuvent le perturber et l'amener à rejeter en bloc ou focaliser sur certaines parties de son corps. Mis en danger dans son univers affectif, ses désirs, sa sexualité, il a besoin, pour exister, d'être reconnu par d'autres. Alors l'adolescent se construit sur un modèle fondé sur les critères de la bande, de la mode, des valeurs du groupe.. Mais cette tyrannie du « look » et de l'apparence physique est toujours douloureuse, car parvenir à se rapprocher de son idéal est fortement dépersonnalisant, tandis que ne pas y parvenir est une souffrance sans cesse renouvelée.

Publié par Psychonet Production le Lundi 07 Janvier 2002 : 01h00
Mis à jour le Lundi 10 Mai 2004 : 02h00
A lire aussi
Complexes physiques : d'où vient ce manque d'estime de soi ? Publié le 09/07/2007 - 00h00

Les complexes physiques apparaissent souvent avec force à l'adolescence. C'est l'âge ou chacun a son complexe qu'il estime très invalidant et lui gâche parfois la vie. Et si cela passe le plus souvent en quelques années (qui paraissent très longues), pour certaines personnes, les complexes...

Miroir, dis-moi laquelle est la plus belle ? Publié le 26/03/2003 - 00h00

L'image du corps est une image bien mystérieuse. Entre l'image que les autres perçoivent de nous, l'idée que nous nous faisons de notre corps et le reflet que nous contemplons ou haïssons dans le miroir ou sur une photo, le fossé est parfois important. Tout porterait même à croire, qu'il ne...

Vaincre l'anorexie Publié le 10/01/2002 - 00h00

En France, l'anorexie mentale, trouble grave des conduites alimentaires, concerne 50 000 personnes, dont 90 % d'adolescentes. Quelques pistes pour comprendre la maladie et s'en sortir.

Quelle image les boulimiques ont-elles de leur corps ? Publié le 28/01/2008 - 00h00

La boulimie n'est pas seulement un comportement, c'est aussi une réaction à un ressenti. Ce ressenti provient en grande partie de l'image particulière que les personnes boulimiques ont de leur propre corps. Comme si elles ne le voyaient pas de la même manière que les autres. E-sante a...

Plus d'articles