Ce billet fait partie du blog "Le blog de la Rédaction".

Les anxiolytiques et Alzheimer : une relation pas évidente

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 15 Septembre 2014 : 10h17
Mis à jour le Lundi 06 Octobre 2014 : 15h15

Beaucoup de médias l’ont annoncé, y compris dans nos lignes : la prise d’anxiolytiques au long cours, sur plus de 6 mois en continu, augmente de 51 % le risque de faire une maladie d’Alzheimer plus tard.

Mais derrière ce chiffre qui ressort d’une étude publiée dans le Bristish Medical Journal, qu’est-il possible d’en conclure réellement ?

© Fotolia

La moitié des personnes âgées prennent des anxiolytiques, Alzheimer ou pas

Ces deux réserves ayant été rappelées, voici les chiffres bruts :

  • la moitié des gens prennent des anxiolytiques dans les deux groupes (50 % dans le groupe atteint, contre 40 % dans le groupe indemne). Cela correspond donc à un très fort besoin de cette population âgée qui a du mal à dormir ;
  • ceux qui prennent des anxiolytiques moins de 6 mois présentent un risque diminué de 8 % de faire la maladie au moment de l’étude ;
  • ceux qui prennent des anxiolytiques plus de 6 mois présentent un risque augmenté de 51 % de faire la maladie au moment de l’étude.

Respecter les recommandations médicales

Est-il possible d’en conclure que ceux qui prennent un peu d’anxiolytiques sont protégés par rapport à ceux qui en prennent beaucoup ? Non bien sûr. Serait-il davantage possible de conclure que ceux chez qui la maladie d’Alzheimer est en cours d’installation souffrent davantage de troubles du sommeil ? Ce n’est pas possible non plus, bien que l’insomnie soit l’un des symptômes de cette maladie. Les conclusions ne sont pas évidentes et nous aurons besoin d’autres études sur des durées plus longues et distinguant bien les somnifères des autres benzodiazépines.

Et au final cette étude soulève bien des questions. Les tendances qu’elle dessine confortent néanmoins les bonnes pratiques médicales :

  • contre l’insomnie prescrire des benzodiazépines à très courte demi-vie, autrement dit de vrais somnifères ;
  • et les prescrire pour des périodes courtes sans renouvellement systématique.

Source : Sophie Billioti de Gage. BMJ 2014;349:g5205 doi: 10.1136/bmj.g5205 (Published 9 September 2014).

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 15 Septembre 2014 : 10h17
Mis à jour le Lundi 06 Octobre 2014 : 15h15
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