Virus West Nile : 56 cas en France, le moustique commun inquiète

Publié par Freya Yophy
le 16/09/2026
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West Nile progresse en France : les symptômes qui doivent alerter
Santé publique France comptabilisait 56 infections autochtones par le virus West Nile au 6 septembre 2026, soit 17 cas supplémentaires en une semaine. Depuis, trois premières contaminations ont été confirmées en Loire-Atlantique. Transmise principalement par le moustique commun, cette infection peut exceptionnellement provoquer de graves complications neurologiques.

Les signalements d’infections autochtones par le virus West Nile se multiplient en France métropolitaine. Longtemps concentrée sur le pourtour méditerranéen, sa circulation atteint désormais des départements jusque-là épargnés. Cette extension conduit le réseau de surveillance médicale à renforcer les contrôles chez les humains, les animaux et les donneurs de sang.

Une progression rapide depuis le début de l’été

Au 6 septembre 2026, 56 cas autochtones avaient été identifiés en France hexagonale, selon le dernier bilan national disponible de Santé publique France. Ce nombre avait augmenté de 17 cas en seulement une semaine. À titre de comparaison, 62 contaminations autochtones avaient été recensées pendant toute la saison 2025. Santé publique France précise toutefois que les bilans sont établis à une date donnée et peuvent évoluer après consolidation.

Les personnes contaminées en 2026 se trouvent en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie, en Île-de-France, dans la Drôme et en Gironde. Pour la première fois, des cas humains ont notamment été détectés dans l’Aude, la Seine-et-Marne et la Drôme.

Depuis ce bulletin, l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire a confirmé trois premiers cas autochtones en Loire-Atlantique. Ces contaminations ne figuraient pas encore dans le bilan national arrêté au 6 septembre. Contrairement à certaines informations relayées, aucun décès lié au virus n’a été officiellement annoncé en Loire-Atlantique. Un décès a bien été rapporté chez un patient résidant en Île-de-France, mais son lieu de contamination n’a pas pu être déterminé.

Des formes neurologiques chez moins de 1 % des malades

Dans environ 80 % des infections, la personne ne ressent aucun symptôme ou seulement des manifestations très discrètes. Les autres patients peuvent développer, après une incubation généralement comprise entre deux et six jours, un syndrome pseudo-grippal associant :

  • une fièvre soudaine ;
  • des maux de tête ;
  • des douleurs musculaires ou articulaires ;
  • une fatigue importante ;
  • parfois une éruption cutanée.

Ces manifestations peuvent facilement être confondues avec celles d’autres maladies transmises par les moustiques.

Chez moins d’une personne infectée sur 100, principalement parmi les personnes âgées ou fragiles, le virus atteint le système nerveux. Il peut alors provoquer une méningite, une encéphalite, une paralysie flasque ou, plus rarement, un syndrome de Guillain-Barré. Une confusion, une raideur de nuque, des troubles de la conscience ou une faiblesse musculaire brutale imposent une évaluation médicale urgente.

Il n’existe actuellement ni vaccin humain commercialisé ni traitement antiviral spécifique. La prise en charge vise à soulager les symptômes et peut nécessiter une hospitalisation en réanimation dans les formes sévères. Des vaccins sont en revanche disponibles pour les chevaux.

Le moustique commun, principal vecteur en France

Le virus West Nile n’est pas principalement transmis par le moustique tigre. Son principal vecteur en France appartient au genre Culex, dont le très répandu Culex pipiens, communément appelé moustique commun.

Ce moustique s’infecte en piquant un oiseau porteur du virus, puis peut contaminer un humain ou un cheval lors d’un repas sanguin ultérieur. Il pique surtout en soirée et durant la nuit, contrairement au moustique tigre, généralement plus actif pendant la journée.

Les humains et les chevaux constituent des « culs-de-sac épidémiologiques » : leur charge virale reste trop faible pour infecter un autre moustique. La maladie ne se transmet donc pas directement d’une personne à une autre dans les contacts quotidiens.

Des transmissions exceptionnelles restent néanmoins possibles par transfusion sanguine, greffe d’organe ou de tissus, ainsi que de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. Cette particularité explique le renforcement du dépistage ou l’exclusion temporaire de certains donneurs dans les zones concernées.

Une surveillance associant santé humaine et animale

Le dispositif français repose sur une approche dite « Une seule santé ». Les médecins signalent les cas humains, tandis que les vétérinaires et l’Anses surveillent les infections chez les chevaux et la mortalité inhabituelle des oiseaux sauvages.

Les produits sanguins, les organes et les tissus font l’objet de mesures particulières de sécurisation lorsqu’une circulation virale est détectée. Selon les circonstances, ces mesures reposent sur le dépistage biologique des dons ou sur l’ajournement temporaire des personnes exposées.

Comment se protéger du moustique Culex ?

La prévention commence par la suppression des gîtes larvaires. Les soucoupes, seaux, gouttières, récupérateurs d’eau et récipients oubliés dans le jardin doivent être vidés, nettoyés ou fermés hermétiquement.

Le soir et la nuit, il est recommandé de porter des vêtements longs et amples, d’installer des moustiquaires et d’utiliser des répulsifs cutanés adaptés à l’âge et à l’état de santé. Les diffuseurs électriques peuvent compléter ces protections à l’intérieur.

Une fièvre brutale isolée ne constitue pas nécessairement une urgence. En revanche, une fièvre associée à une raideur de nuque, une confusion, des convulsions ou une faiblesse musculaire nécessite d’appeler rapidement le 15, particulièrement chez une personne âgée ou immunodéprimée.

Sources

 
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