Une application de rencontre divulgue le statut VIH de ses utilisateurs

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L'application de rencontres Grindr est dans la tourmente. Selon un cabinet norvégien, elle aurait donné accès au statut VIH de ses utilisateurs à des prestataires externes.

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C'est une situation pour le moins délicate pour l'application de rencontres Grindr. Destinée aux personnes homosexuelles, transgenres et queer, elle permettait à l'utilisateur de préciser s'il était porteur du VIH. Une information sensible qui aurait fuité, d'après un cabinet norvégien cité par le site américain BuzzFeed.

Cette étude conclut qu'au moins deux prestataires externes ont eu accès aux données privées des utilisateurs et utilisatrices de l'application. Et celles-ci n'ont pas été cryptées dans les règles. Il était donc possible d'identifier chaque personne, sa localisation et son statut sérologique.

Mais pas seulement, puisque les utilisateurs et utilisatrices pouvaient aussi préciser s'ils prenaient des antirétroviraux pour contrôler l'infection ou en prévention de celle-ci – la fameuse prophylaxie préexposition (PrEP).

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Le dossier médical confidentiel

Après plusieurs messages postés sur Twitter, les dirigeants de Grindr ont fini par réagir dans un long post posté sur la plateforme Tumblr. "Nous comprenons à quel point la révélation d'un statut VIH peut être un sujet sensible, admet Scott Chen, directeur technique de l'entreprise. Notre but a toujours été de promouvoir la santé et la sécurité de nos utilisateurs."

Mais le CTO se dédouane en partie, précisant que chaque usager avait la possibilité de divulguer ou non s'il était porteur du VIH. Ce qui soulève un sujet délicat, à plusieurs titres.

Partager son statut sérologique avec ses partenaires est un élément clé pour interrompre la transmission du virus. Ne pas le faire, c'est d'ailleurs s'exposer à des poursuites judiciaires. Mais à l'heure actuelle, divulguer cette information reste à la discrétion de chaque individu. Et le dossier médical reste absolument confidentiel.

Le scandale ne s'arrête pas là. Grindr aurait aussi vendu des informations sensibles, comme la géolocalisation, l'orientation sexuelle ou encore le statut relationnel, à des sociétés de publicités. Là encore, sans encrypter les données personnelles.

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