Un vaccin thérapeutique pour guérir le papillomavirus sur le point de voir le jour

Un nouveau traitement contre le cancer du col de l’utérus serait sur le point de voir le jour. Selon les essais clinique, il a permis d’éliminer complètement les lésions et l'infection sous-jacente chez près de 30% des femmes ayant participé. Il ne se contenterait pas de prévenir, il guérirait les cas les plus avancés en éliminant la cause du cancer.

Selon une étude réalisée par des scientifiques de l’université du Michigan, un nouveau vaccin thérapeutique révolutionnaire contre le cancer du col utérin pourrait voir le jour. En effet, il ne se contenterait pas de prévenir la survenue de la maladie. Il la soignerait aussi. Selon les essais réalisés, il permet en effet d’injecter une protéine spécifique qui provoque une réaction du système immunitaire pour qu’il attaque les virus du papillome humain (VPH) à l’origine des cancers du col de l’utérus.  

"Très peu de produits tentent de guérir les femmes déjà infectées par le VPH", déclare le Docteur Diane Harper, professeure de médecine familiale, d'obstétrique et de gynécologie. "C'est très excitant. C'est la première fois que ce taux de réussite est relativement facile à mettre en œuvre."

Ce vaccin est-il efficace sur tous les types de cancers du col ?

Les lésions précancéreuses de ce type sont de 3 types. Les lésions CIN 1 qui disparaissent généralement d'elles-mêmes. Les lésions CIN 2 qui disparaissent souvent d'elles-mêmes, mais peuvent également évoluer vers des lésions CIN 3. Les lésion CIN 3 qui sont les plus graves.

Les chercheurs ont étudié les cas de 192 femmes chez lesquelles un diagnostic de CIN2 ou de CIN3 avait été diagnostiqué. 129 personnes ont reçu le vaccin et  63 autre un placebo. Puis 6 mois plus tard, les femmes ont été traitées via les procédures chirurgicales habituelles en cas de CIN 2 et 3 et les tissus prélevés ont été examinés.

Jusqu'à 36% des femmes traitées ont vu leur cancer disparaître

Conclusions ? Les femmes ayant reçu le vaccin étaient deux fois plus susceptibles que celles ayant reçu un placebo de voir leur CIN éliminé, et cela, quel que soit le type d'infection par le VPH. Les résultats les plus frappants concernent les cas de CIN3 les plus sévères. Au moins 15% et jusqu'à 36% de celles qui avait reçu le vaccin ont vu leur CIN3 disparaître, contrairement hélas à l’ensemble des femmes du groupe placebo.

Autre bonne nouvelle, les chercheurs qui ont ensuite suivi les participantes pendant encore deux ans et demi post chirurgie ont aussi pu démontrer que plus de femmes dans le groupe des vaccinées étaient définitivement débarrassées du VPH.

En quoi ce nouveau vaccin est-il différent du Gardasil9 ?

Le Docteur Harper explique que le vaccin thérapeutique, appelé Tipapkinogen Sovacivec, ou TS, est très différent du vaccin utilisé actuellement, le Gardasil9. Bien que le Gardasil9 prévienne l’infection par le VPH, le TS élimine les tissus déjà infectés par le VPH.

Il pourrait s’agire d’une avancée médicale exceptionnelle. Le traitement classique contre les cancer du col de types CIN2 ou CIN3 passent par l’ablation d’une partie du col de l'utérus. Cela entraîne des cicatrices et un raccourcissement du col, ce qui peut ensuite poser des problèmes lors de l'accouchement et augmenter les risques de césarienne. Par ailleurs ce type d’intervention n’élimine pas les risques de récidives.  

Le TS a-t-il des effets secondaires ?

A noter : certains cobayes ont fait des réaction graves aux vaccins durant les tests. Toutefois les scientifiques se veulent rassurants. Il s’agit pour eux de réactions prévisibles et inévitables liées au déclenchement plus ou moins fort du système immunitaire.

Enfin, l’étude scientifique s’est focalisée sur les lésions cervicales, mais le VPH est associé à plusieurs autres types de cancers, notamment ceux de la tête et du cou ou encore le cancer de l'anus. Les chercheurs envisagent de tester TS contre ces cancers rapidement.

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