Un pacemaker implanté sur un nourrisson encore attaché au cordon ombilical

© Istock

Des médecins américains sont parvenus à sauver un nouveau-né d'un trouble cardiaque grave. Ils ont implanté un pacemaker temporaire alors que le bébé était encore attaché au cordon ombilical de sa mère.

Publicité

C'est une première mondiale qui a de quoi réjouir. Elle se déroule à l'hôpital pour enfants du Colorado (Etats-Unis), où un fœtus de 36 semaines a été sauvé grâce à une technique jamais réalisée auparavant. L'opération, décrite dans la revue Fetal Diagnosis and Therapy, témoigne d'une opération sous haute tension qui s'est – heureusement – bien terminée pour la mère comme pour l'enfant.

Peu avant sa naissance, le fœtus qui fait l'objet de cette publication présente un trouble rare, mais grave : un bloc atrio-ventriculaire. Sans intervention, le risque de décès est 6 à 11 fois plus élevé que chez les autres nouveau-nés. En effet, ce trouble de la conduction cardiaque se traduit par une transmission électrique anormale dans différentes parties du cœur, ce qui provoque un rythme cardiaque trop lent ou irrégulier- une bradycardie.

Publicité
Publicité

Le bébé se porte bien

Dans ce cas précis, les médecins ont estimé que le fœtus risquait la mort avant l'accouchement. Il fallait donc opérer. Mais pour ne pas fragiliser davantage le bébé, les chirurgiens ont opté pour une approche d'un genre nouveau : lui poser un pacemaker pour stabiliser son rythme cardiaque le temps de l'accouchement.

Pour parvenir à cet exploit, l'équipe a placé la future mère sous anesthésie générale. Cette technique a l'intérêt de détendre l'utérus et d'atteindre le fœtus plus facilement. Ce dernier a aussi reçu des médicaments pour éviter toute souffrance inutile.

Ensuite, les spécialistes ont utilisé deux câbles conducteurs pour stimuler le cœur du bébé – faisant office de pacemaker temporaire. Cela a permis de stabiliser les battements à 70 par minutes. Pendant tout ce temps, le jeune être était rattaché au cordon ombilical, qui n'a été coupé qu'après une stabilisation complète de son rythme cardiaque.

"L'organisme de la mère joue le rôle d'appareil de circulation extracorporel pour le cœur et les poumons, résume le Dr Henry Galan, qui a participé à l'opération. La procédure EXIT, elle, permet des interventions qui pourront sauver la vie de l'enfant tout en maintenant la circulation in-utero." Désormais âgée de 6 mois, la fillette se porte bien et ne souffre pas de troubles cardiaques.

PUB
PUB

Contenus sponsorisés