Tumeur cérébrale : une IA assiste les chirurgiens à Londres
Le National Hospital for Neurology and Neurosurgery de Londres a annoncé, le 27 août 2026, une première utilisation clinique de son dispositif d’assistance par IA en temps réel. L’intervention a permis de retirer une tumeur menaçant la vue de Rhys Hibbert, 48 ans. Cette première concerne ce mode d’assistance pendant l’opération, et non l’ensemble des usages de l’intelligence artificielle en neurochirurgie.
Une tumeur découverte après une perte de connaissance
En décembre 2024, Rhys Hibbert perd connaissance pendant une promenade. Les examens révèlent une tumeur d’environ 11 millimètres dans l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau.
Initialement surveillée sans intervention, la lésion s’accompagne ensuite de troubles hormonaux et visuels. Son champ de vision réduit gêne ses déplacements. Ce parcours rappelle que les manifestations des tumeurs cérébrales dépendent notamment de leur localisation.
Une aide au repérage, pas un chirurgien autonome
Développé à l’University College London, le système analyse les images de l’endoscope pour aider à reconnaître les structures anatomiques sensibles. Les travaux préparatoires visaient notamment à mieux distinguer la tumeur des vaisseaux et des nerfs voisins.
Contrairement aux examens d’imagerie réalisés avant l’opération, cette assistance exploite la vidéo en direct. Elle complète les informations disponibles, sans rendre les examens préopératoires inutiles.
Les chercheurs ont entraîné les modèles sur des vidéos chirurgicales annotées. Cette exposition à de nombreux exemples ne doit pas être confondue avec l’expérience clinique d’un praticien : la décision et le geste restent humains.
Une amélioration visuelle rapportée par le patient
L’intervention a été réalisée par le Pr Hani Marcus et le Dr Danyal Khan. Rhys Hibbert rapporte une nette amélioration de sa vision dès son réveil et une marche sans cannes dans la semaine suivante.
Le communiqué hospitalier le décrit toutefois encore en convalescence à domicile. Il ne confirme pas une reprise professionnelle sans séquelle.
Une technologie qui doit encore être évaluée
Cette intervention s’inscrit dans un essai clinique. Un résultat individuel favorable ne permet pas, à lui seul, de mesurer le bénéfice supplémentaire apporté par l’IA.
L’enjeu sera de déterminer si cette assistance améliore effectivement la sécurité des opérations, tout en évaluant ses erreurs possibles et son utilisation par les équipes. Les projets de recherche de l’UCL portent aussi sur la reconnaissance des instruments et des étapes opératoires.
Sources
- UCLH — Présentation de l’intervention et témoignage du patient, 27 août 2026
- UCLH Biomedical Research Centre — Développement de l’assistance par IA, 2023
- UCL — Projets de recherche en chirurgie numérique