Les troubles de la sexualité masculine

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Les troubles de la sexualité masculine sont fréquents et plus ou moins graves selon leur fréquence et les répercussions psychologiques qu'ils provoquent. Quand ils posent de vrais difficultés, il devient alors important de déterminer leur origine afin de pouvoir y remédier.

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Les troubles de l'érection

Les troubles de l'érection vont de simples difficultés passagères à une dysfonction érectile complète (souvent qualifiée d’« impuissance » en langage courant). En France, ils touchent 2,5 millions d'hommes.

L'origine de ces troubles peut être organique (physique) ou psychologique, mais le plus souvent les deux facteurs sont imbriqués.

Les origines organiques

Les maladies cardiovasculaires et leurs facteurs de risque (tabagisme, sédentarité, hypertension artérielle…), le diabète, les atteintes de la moelle épinière (paraplégie, tétraplégie…), certaines maladies neurologiques, le déficit en hormones de type androgènes ou l’excès de prolactine, l'alcoolisme, les atteintes du bassin ou du système urogénital (chirurgie de la prostate pour cancer…).

Les origines médicamenteuses

Certains médicaments peuvent avoir pour effet secondaire des troubles de l'érection.

Les causes psychologiques

Un manque de confiance en soi, une peur de ne pas être à la hauteur, un niveau de stress élevé, un trouble de l’identité sexuelle, une dépression, un traumatisme sexuel (agression, viol), un traumatisme psychique (agression, deuil), une partenaire castratrice (agressive, dominante…), un conflit dans le couple...

Dans tous les cas, des solutions spécifiques sont aujourd'hui proposées à l’homme souffrant de trouble érectile :

Le médecin peut proposer différents traitements selon le cas :

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  • Les médicaments de la famille des IPDE5 dont le plus connu est le Viagra®, aujourd’hui vendu comme générique sous son nom chimique, le Sildenafil. Le Cialis® ou Levitra® font partie aussi de cette famille. Ils sont efficaces pour 70 % des hommes souffrant de dysfonction érectile. Ce sont des vasodilatateurs facilitant l'afflux sanguin dans les artères du pénis et donc l'érection. Ces médicaments sont uniquement prescrits sur ordonnance, car ils présentent des contre-indications : ils ne peuvent jamais être associés aux médicaments dits « dérivés nitrés », ni aux « poppers », drogues interdites par la loi, mais néanmoins consommées par certaines personnes.
  • Les injections intra-caverneuses, Carverject®, ou Edex®, sont des traitements de deuxième ligne. Lorsque les médicaments en comprimés ne sont pas efficaces, les injections de substance active dans les corps caverneux du pénis sont souvent une solution qui fonctionne. Le traitement est plus difficile à manier, car l’homme doit apprendre à réaliser lui-même son injection avant la relation sexuelle. La même molécule active, l’alprostadil, peut être utilisée par voie trans urétrale (Muse®) : il s’agit d’insérer une sorte de minuscule suppositoire par l’ouverture de l’urètre.
  • Le vacuum ou pompe à érection est aussi un traitement de deuxième ligne. Non chimique, il consiste à placer le pénis dans un tube où l’on fait le vide, ce qui produit une force aspirant le sang vers les corps érectiles. Il suffit alors d’utiliser un anneau pénien pour conserver l’érection le temps d’une relation sexuelle.
  • L’implant pénien est utilisé lorsqu’aucune autre méthode n’est efficace. Il s’agit d’une intervention chirurgicale où le chirurgien insère des implants dans les corps caverneux. Ces implants seront ensuite invisibles et gonflables au moment où l’homme qui en a bénéficié souhaite une relation sexuelle.
  • Le versant psychologique des dysérections nécessite un travail avec un sexothérapeute afin d'agir sur les causes conscientes ou inconscientes du problème. La psychothérapie peut consister en un travail sur la confiance en soi, le dépassement d’un traumatisme, l’affirmation de soi, les relations de couple…

L'éjaculation prématurée

L'éjaculation prématurée ou précoce est le trouble sexuel le plus fréquent chez les hommes.

Elle se définit par une durée trop courte du rapport sexuel à partir de la pénétration, l’impossibilité pour l’homme de retarder son éjaculation, et une insatisfaction dans le couple pour au moins un des deux partenaires.

Lorsque la durée de la pénétration n’excède pas 3 minutes, le traitement consiste pour commencer en un médicament, le Priligy®, retardateur de l’éjaculation.

Une alternative est l’application d’anesthésiques locaux sur le gland, afin de limiter les sensations et ralentir la survenue de l’éjaculation. Ils peuvent être associés à des préservatifs.

Mais les traitements médicaux seuls ne suffisent pas. Ils sont un starter pour apprendre à fonctionner de manière autonome.

Ensuite, l’homme doit apprendre les habiletés nécessaires afin de savoir retarder son éjaculation, c’est-à-dire la manière de ralentir la montée de son excitation. Cela peut consister en des exercices de masturbation lente en se concentrant sur les sensations et en faisant durer le plaisir. Des exercices de couple peuvent également être prescrits par un sexologue : musculation périnéale, apprentissage de la respiration adaptée, diminution des tensions musculaires pendant la relation sexuelle, stop and go (pratique de pauses lorsque l’excitation monte trop haut et risque de déclencher l’éjaculation)… Le squeeze, pratique consistant à pincer la racine du gland lorsque l’excitation s’élève est moins pratiquée, car moins agréable et pas plus efficace que le stop and go.

L'anéjaculation ou éjaculation retardée sont des dysfonctionnements sexuels plus rares (environ 3 %) qui empêchent l'homme de parvenir à l'éjaculation ou qui rendent sa survenue difficile ou très tardive, et cela, malgré une érection normale.

Publié par Psychonet Production le Mardi 08 Janvier 2002 : 01h00
Mis à jour le Mercredi 30 Octobre 2013 : 13h07