Transplantations d'organes : bilan positif mais pénurie persistante

L'établissement français des greffes a enregistré une augmentation de 5% de l'activité de prélèvement. Attribuée aux efforts réalisés dans les hôpitaux pour recenser des sujets en état de mort cérébrale, il existe certainement un parallèle avec la baisse de 5% des accidents mortels de la voie publique. Par ailleurs, la proportion des refus, qui représente un tiers des cas, reste stable. Mais, malgré ces résultats encourageants la baisse des prélèvements constatée depuis 1992 n'a pas encore été comblée.
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En 2000, 3.211 transplantations ont été réalisées contre 3.023 l'année précédente. Les greffes de reins ont été de loin les plus importantes avec 1.924 transplantations, viennent ensuite les greffes de foie (806), de cœur (328), de poumons (70), de pancréas (54), de cœur-poumons (25) et d'intestins (4).L'augmentation des prélèvements observée en 2000 (1.016 contre 970 en 1999) peut être attribuée en partie à la baisse relative de 5% des morts cérébrales ayant pour cause un traumatisme ou un accident mortel de la voie publique. Par ailleurs, on constate que l'accident vasculaire cérébral est devenu la cause principale de morts cérébrales.

La pénurie d'organe est toujours là !

Hélas, le nombre de personnes sur la liste d'attente d'un don d'organe s'accroît lentement montrant des besoins qui augmentent progressivement. En 2000, 2.303 patients supplémentaires ont été inscrits en liste d'attente contre 2.485 l'année précédente ; ainsi l'an dernier, 4.893 personnes étaient en attente d'une greffe de reins, 403 d'un foie, 341 d'un cœur, 202 d'un pancréas, 122 de poumons et 17 d'intestins. En 2000, exactement 234 personnes sont mortes faute d'organes disponibles, contre 238 en 1999.La greffe de foie est aujourd'hui particulièrement demandée, probablement en raison d'un élargissement des indications, principalement en cas d'hépatite C. En revanche, soulignons que l'activité de greffe de cœur est à la baisse, reflétant les grands progrès intervenus dans le traitement de la défaillance cardiaque.

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Appel aux dons

Les démarches pédagogiques qui vont être réalisées vis-à-vis des jeunes ont pour objectif de modifier les mentalités vers plus de civisme. Et dans ce domaine les idées sont remarquables, car il est prévu (le 2 mai prochain) d'utiliser la philosophie comme vecteur de sensibilisation en proposant aux élèves de terminale de plancher durant quatre heures sur un sujet traitant d'éthique et de don d'organe.Une autre façon de lutter contre la pénurie consiste à se tourner vers des morts cérébrales chez des sujets de 60 ans et plus. Pour certains organes, ces sujets sont effectivement de très bons donneurs, notamment pour le foie.

 
Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 05 Février 2001 : 01h00
Source : Communiqué de Presse, 30 janvier 2001.