Tendinite : la mal nommée

De mémoire de sportif, on a toujours traité la tendinite à grands renforts d'anti-inflammatoires. Sans grands résultats, il faut bien le dire. Si bien qu'aujourd'hui, on remet carrément en cause sa nature inflammatoire.
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Tendinopathie

Lors du dernier congrès de la Société française de médecine physique et de réadaptation, le Dr Jacques Rodineau a expliqué devant un parterre de spécialistes stupéfaits qu'en réalité, les tendinites n'existaient pas. Il se base pour cela sur les résultats de nombreux examens histologiques de tendons malades au sein desquels on ne trouve aucun des marqueurs spécifiques de l'inflammation. Selon lui, la terminaison en "ite" qui sous-entend une inflammation (comme dans appendicite, hépatite, méningite) ne se justifie absolument pas. Et l'on serait mieux inspiré de désigner désormais ces douleurs sous le terme "tendinopathie". Cette distinction sémantique a des répercussions sur la prise en charge du patient et explique notamment le manque d'efficacité chronique des anti-inflammatoires.

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Grossissement du tendon

Mais quelle alternative peut-on offrir aux patients ? Pour y répondre, il faut lever le voile sur l'étiologie de la douleur. Pour le Dr Rodineau, le problème provient des cellules mêmes du tendon. En cas de stress mécanique trop intense, elles produiraient des quantités anormales de substance fondamentale. Les fibres baigneraient alors dans une sorte de gel et s'écarteraient les unes des autres comme si on les étirait déraisonnablement. L'architecture du tendon s'en trouverait ainsi modifiée. Des images obtenues par résonance magnétique (IRM) montrent bien ce grossissement du tendon, de même que ces paquets de substance fondamentale à l'origine du processus d'irritation.

Publié le 16 Janvier 2006
Auteur(s) : Gilles Goetghebuer, journaliste santé
Source : Actualités sur la rééducation des tendinopathies, Jacques Rodineau.
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Abstract dans les Annales de Réadaptation et de Médecine Physique. Vol 48. N°7. Octobre 2005.