Tchao la clope, avec le Champix® !

Que les plus indomptables au sevrage tabagique ne baissent pas complètement les bras : une nouvelle molécule, la varenicline (Champix®), devrait bientôt être commercialisée en France. Le point avec le docteur Anne Borgne, addictologue à l'hôpital Jean Verdier de Bondy.
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Sans aller jusqu'à parler de pilule miracle, la varenicline (Champix®) devrait (re)donner espoir à plus d'un candidat récidiviste à l'arrêt de la cigarette. Son principe ? Elle se fixe sur les récepteurs à nicotine du cerveau, ceux qui créent la dépendance et le manque. En ciblant ces récepteurs, elle neutralise la sensation de plaisir ressentie après la bouffée de cigarette. Ce qui, diminue à la fois l'envie de fumer et la sensation de manque, traduction du vide de nicotine - et facilite le sevrage. « En d'autres termes, les récepteurs de la nicotine sont occupés par l'action de la varenicline. Même si le fumeur prend une cigarette durant le traitement, les récepteurs ne seront plus stimulés », explique Anne Borgne.

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Une nouvelle alternative

Une particularité qui devrait bousculer un marché des médicaments anti-tabac jusqu'alors occupé par des substituts nicotiniques (patchs et autres gommes à mâcher) et par le Ziban® (bupropion), un anti-dépresseur qui fait aussi carrière dans le sevrage tabagique. Les premiers délivrent de la nicotine sous une autre forme (alors que la varenicline en est exempte), afin de saturer les récepteurs du cerveau, et le second, aux mécanismes d'action pas encore bien élucidés, diminuerait les symptômes liés au sevrage mais fait également parler de lui par ses effets indésirables, insomnies et crises d'angoisse en tête.

Une démarche globale

Déjà disponible sur ordonnance aux États-Unis, sous le nom de Champix®, la varénicline, mise au point par Pfizer, a fait l'objet d'une demande de mise sur le marché en France, où elle est baptisée Champix®. Le lancement devrait avoir lieu pour le début de l'année 2007, uniquement sur prescription médicale. « Mais attention ! Les patients ne doivent pas miser toutes leurs chances sur un médicament. Arrêter de fumer reste une question de décision », souligne Anne Borgne qui préfère employer ce terme à celui de volonté. Et de rappeler qu'un accompagnement médicalisé au sevrage tabagique consiste en une démarche globale et personnalisée. Et qu'une reprise du tabac après avoir réussi à « décrocher » ne doit pas être vécue comme un échec, mais bien tel un essai permettant de se rapprocher un peu plus de l'étape finale.

Publié le 23 Octobre 2006
Auteur(s) : Zoé Alnou, journaliste