Syndrome de l’intestin irritable : un profil psychologique particulier
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L’intestin irritable, le profil psychologique varie selon les symptômes

Les manifestations du syndrome de l’intestin irritable diffèrent selon quatre tableaux cliniques : avec constipation, avec diarrhée, mixte (alternance diarrhée/constipation) et non spécifique. Par comparaison aux personnes avec un syndrome de l’intestin irritable non spécifique, ceux avec une forme "constipation" se caractérisent par une augmentation de la dépression et une diminution du rôle de genre masculin. Ceux avec la forme "diarrhée" ont un score d'anxiété et un score de pratique antisociale plus élevés. Enfin, ceux avec une forme mixte ont un score plus élevé d'hypocondrie et d'inadaptation scolaire.

Quelles conséquences pratiques ?

Déjà, dans la dernière version des critères diagnostics internationaux des troubles fonctionnels gastro-intestinaux (dite Rome IV 2016), la "douleur abdominale fonctionnelle" est devenue "douleur gastro-intestinale à médiation centrale". Cela signifie que l’on prend désormais en compte le rôle du cerveau et l’importance du profil et de l’état psychologiques dans la survenue des maladies gastro-intestinales.

De plus, des examens de plus en plus poussés permettent de rechercher une réelle cause. On ne peut plus se contenter de diagnostiquer un syndrome de l'intestin irritable sans avoir éliminé tout une série de pathologies organiques potentielles (maladie céliaque, pullulation microbienne, intolérance au lactose ou au fructose, malabsorption des sels biliaires etc.).

Une fois que le diagnostic de syndrome de l'intestin irritable est posé, la prise en charge psychologique est essentielle, qui peut aider à diminuer l’ensemble des symptômes. Celle-ci est complémentaire, en fonction du type de maladie, au traitement des troubles de la motricité du tube digestif (médicaments laxatifs ou antidiarrhéiques) et de la sensibilité (médicaments antispasmodiques). La prise en charge pharmacologique des troubles psychologiques permet d'améliorer certains patients par utilisation d'antidépresseurs.

Dr Michel Bouchoucha : « Notre groupe de recherche a montré que l'ostéopathie diminuait l'importance des ballonnements et des douleurs abdominales chez les patients souffrant de syndrome de l'intestin irritable. Une étude française permettra de valider cet effet en 2017. D'autres équipes, principalement en Angleterre, proposent l'hypnothérapie, avec là-aussi de bons résultats fonctionnels. Les autres thérapies alternatives ont peu été évaluées jusqu’alors ».

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Source : *Etude présentée aux Journées francophones d’hépato-gastroentérologie et d’oncologie digestive (17-20 mars 2016) Bouchoucha Michel et al P27 - Profil psychologique du syndrome de l'intestin irritable et de ses différents sous-types
D’après un entretien avec le Dr Michel Bouchoucha, service de gastro-entérologie de l’Hôpital Avicenne (Bobigny).