Suicide : une personne sur 20 a déjà fait une tentative

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L’Observatoire national du suicide créé en septembre 2013 par Marisol Touraine vient de publier son premier état des lieux des connaissances.

En 2012 en France, on a enregistré 11.000 décès par suicide en France et 200.000 tentatives de suicide ayant abouti aux urgences.

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Le suicide : une cause majeure de décès prématuré

En France, « un décès sur 50 est un suicide ». « On estime qu’une personne sera confrontée, sur une période de quarante ans, au décès par suicide d’une à trois personnes de son entourage immédiat ».

Le taux de suicide en France est l’un des plus élevés en Europe.

Qui ?

Les décès par suicide sont nettement plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Cette surmortalité masculine existe dans pratiquement tous les pays, à l’exception de la Chine, et elle se remarque encore plus particulièrement dans les pays à revenus élevés. Il existe par ailleurs une nette influence sociétale, économique et professionnelle expliquant les grandes inégalités. À titre d’exemple, « les agriculteurs, les employés et les ouvriers ont un risque de décéder par suicide deux à trois fois plus élevé que les cadres ».

Concernant les tentatives et non les décès, les femmes sont davantage concernées : effectuent deux fois plus de tentatives de suicide que les hommes, mais sont trois fois moins nombreuses

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à se donner la mort. Là encore l’isolement social joue un rôle important. Inversement, les taux de suicide abouti sont plus élevés chez les personnes âgées.

Quand ?

Le taux de décès par suicide augmente fortement avec l’âge, avec un tiers des suicidés qui ont plus de 60 ans. Mais « la part du suicide dans la mortalité générale est nettement plus élevée chez les jeunes entre 15 et 24 ans », où le suicide représente la 2e cause de mortalité après les accidents de la circulation.

Comment ?

Les modes de suicide les plus fréquents sont les pendaisons (53 %), les médicaments (14 %), les armes à feu (14 %) et les sauts dans le vide (7 %). Outre la pendaison, les hommes recourent plus souvent aux armes et les femmes aux médicaments.

Pourquoi ?

Si les conditions socio-économiques jouent un rôle primordial, on remarque également qu’il existe souvent un lien entre troubles mentaux et suicide : 40 % des suicides sont associés à la présence de troubles mentaux, majoritairement dépressifs (35 % des suicides). Les troubles psychotiques, dont les troubles schizophréniques, sont aussi 3,5 fois plus fréquemment associés aux décès par suicide.

La prévention du suicide

Améliorer nos connaissances sur le suicide et les tentatives de suicide doit permettre de mieux cerner les facteurs de risque et de protection afin de renforcer la prévention, d’évaluer l’effet des politiques publiques et de produire des recommandations.

Le suicide constitue un choix par défaut, lorsque les autres moyens de soulager la souffrance semblent inaccessibles. Ouvrir le dialogue, ne pas nier la souffrance mais en parler est un premier pas qui ouvre vers d’autres solutions.

Attention, les personnes ayant déjà fait une tentative de suicide doivent faire l’objet d’une attention très particulière. En effet, « un antécédent de tentative de suicide est le plus important des facteurs prédictifs de comportement suicidaire fatal ultérieur ». La dépression et l’angoisse sont aussi des troubles à traiter car ils augmentent nettement le risque de passage à l’acte…

Publié par Rédaction E-sante.fr le Mercredi 03 Décembre 2014 : 11h05
Mis à jour le Mercredi 03 Décembre 2014 : 11h05
Source : Observatoire national du suicide, « Suicide : États des lieux des connaissances et perspectives de recherche », 1er rapport, novembre 2014, http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapportons2014-mel.pdf.
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