Stress post-traumatique lié aux attentats : six semaines pour guérir
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La thérapie Brunet en pratique

Les soins se déroulent sur six semaines, à raison d’une séance hebdomadaire. A chaque fois, la personne doit prendre un comprimé de propranolol une heure auparavant afin de lui laisser le temps de passer du sang au cerveau.

-Lors de la première séance, le souvenir de la personne est réactivé en lui faisant décrire par écrit le traumatisme, ses réactions physiques ressenties sur le moment-même puis le récit du "point chaud" du traumatisme c’est-à-dire la partie la plus abjecte, la plus inacceptable, la plus troublante de l’évènement. Pour l’un, ce sera le regard du terroriste qui le hante, pour un autre ce sera d’avoir été tétanisé et de n’avoir pu agir etc. On crée donc un récit traumatique personnalisé et subjectif, rédigé à la première personne du singulier et au temps présent, contenant un maximum de détails contextuels (les personnes présentes, le moment précis, les odeurs, le jour ou la nuit, l’été ou l’hiver…) sur une feuille recto-verso au maximum.

-Puis, en préalable à chaque nouvelle séance, le thérapeute demande à la personne-victime si elle a été particulièrement dérangée voire obsédée par un élément de l’histoire et si elle souhaite modifier la description. Celle-ci lit ensuite son compte rendu initial du traumatisme à voix haute à son clinicien.

Pr Brunet : « Quelqu'un qui souffre d’un traumatisme est en quelque sorte comme dans le film "Un jour sans fin" où une seule et même journée se répète en permanence. Avec cette technique, la personne peut reprendre le cours de sa vie normale et continue même de s’améliorer avec le temps. Une technique simple, voire déconcertante, qui simplifie considérablement la prise en charge du traumatisme ».

Participer à Paris Mémoire Vive

400 personnes pourront participer à l’étude Paris MEM (conduite sur deux ans), coordonnée par le Pr Bruno Millet, professeur de psychiatrie à la Pitié-Salpêtrière (Paris). Le coordinateur scientifique et formateur est le Pr Brunet. Le promoteur de l’étude est l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).

Pendant un an à partir de mai 2016, toute personne demandant de l’aide suivra un entretien d’évaluation, qu’elle ait été touchée de près ou de loin par les attentats du 13 novembre. Elle aura la priorité mais les personnes qui ont subi un stress post-traumatique hors attentas (agressions, accidents de la voie publique, désastres naturels etc.) seront aussi accueillies.

Pour en faire partie, il faut appeler ce numéro de téléphone : 01 42 16 15 35

* nom scientifique : "Blocage de la reconsolidation mnésique"

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Source :  D’après un entretien avec le Pr Alain Brunet, directeur de recherche en Psycho-Traumatologie à l’Université McGill de Montréal.