Stevia, Aspartam, autres édulcorants, que faut-il privilégier ?
Publié le 16 Juillet 2012 à 0h00 par Dr Catherine Solano
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

L’aspartame, l’édulcorant le plus utilisé…

L'aspartame est un édulcorant intense autorisé en Europe depuis 1994 (1) à une dose journalière admissible (DJA) de 40 mg/kg poids corporel.

Des scientifiques demandent à ce que cetédulcorant ne soit pas ingéré par les femmes enceintes, une étude (2) publiée en septembre 2010 dans l’American Journal of Clinical Nutrition montrant une augmentation très importante d’accouchements prématurés chez les femmes en consommant régulièrement pendant la grossesse.

De son côté, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire affirme qu’il y a « une absence de bénéfice nutritionnel » à consommer ces produits édulcorants intenses pendant la grossesse.

En effet, elle a constaté que les femmes ingérant des édulcorants intenses ne diminuaient pas leur ration de sucre total. (3)

Au total, son usage ne semble pas d’une utilité évidente.

Le Stévia, un nouvel édulcorant intense

Le Stévia est formulé à partir d’un extrait de plante, extrait appelé Rébaudioside A.

Il est réputé être plus naturel que les autres édulcorants puisqu’il reproduit une substance issue d’une plante.

Néanmoins, naturel ne signifie nullement qu’il soit dénué d’effets indésirables...

Autrefois, il était par exemple utilisé en Amérique du Sud pour faire avorter, effet abortif qui n’a pas été retrouvé dans des études récentes.

Son utilisation est approuvée en France et aux Etats-Unis. Il est donc autorisé en consommation humaine.

Que choisir comme édulcorant ?

Stevia, Aspartame, ou un autre encore comme le sucralose, l’Acésulfame K…

La question est insidieuse. La réalité, c’est que les édulcorants ne sont nullement indispensables à l’alimentation humaine. Les personnes en consommant ont un poids plus élevé que ceux qui n’en avalent jamais, peut-être parce que ça ne les aide pas vraiment à mincir ! Mais peut-être aussi parce que ce sont les personnes les plus en surpoids qui en consomment.

Les édulcorants intenses entretiennent le goût pour les aliments sucrés. Or, apprendre à manger moins sucré est un élément permettant d’atteindre un poids de forme plus harmonieux.

L’idéal est peut-être de manger moins sucré, tout simplement.

Cependant, quand on aime boire un café ou un thé au goût sucré, sans mettre de sucre, que choisir ?

L’idéal est sans doute de varier les édulcorants.

En effet, si jamais l’un de ces édulcorants montre vraiment un effet toxique à très long terme (ce qui n’est pas certain), c’est le fait d’en prendre régulièrement qui le rendra toxique. Alors, en variant les édulcorants, vous éviterez d’accumuler l’effet néfaste d’une seule substance.

Source : (1) L'aspartame est un édulcorant intense autorisé en Europe depuis 1994 par la directive 94/35/CE(1) après évaluation par le Comité scientifique de l'alimentation humaine de la Commission européenne (CSAH) en 1985.
(2) Halldorsson TI, Strom M, Petersen SB, Olsen SF. Intake of artificially sweetened soft drinks and risk of preterm delivery: a prospective cohort study in 59,334 Danish pregnant women. Am J Clin Nutr. 2010 Sep;92(3):626-33.
(3) En particulier, les apports en glucides simples totaux sont similaires chez les consommatrices et les non-consommatrices d’édulcorants intenses (4 juin 2012 NOTE D’ETAPE de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relative à l’évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants intenses chez la femme enceinte).